Les filles dans la bateria de capoeira

L’article de la semaine est consacré à la bateria de capoeira et pourquoi on ne trouve que très peu de filles derrière un berimbau ou un atabaque? Pourquoi on voit en revanche les minettes souvent en bout de bateria avec l’agogo ou le pandeiro (sans aucune discrimination envers ces instrus of course!)?
Je discutais il y a quelques jours avec une capoeiriste d’un autre groupe qui avait quelques années de pratique et qui me disait qu’elle n’avait jamais eu l’occasion d’apprendre à jouer du berimbau et qu’elle galérait à tenir le rythme à l’atabaque dans la roda. Et du coup bah, dans la roda lorsqu’elle osait prendre les instrus c’était très souvent l’agogo ou le pandeiro car « ca fait moins peur »
Une fois  je me suis même entendue dire que l’atabaque était un instrument de mec! (pauvre type!) Parfois aussi dans les stages ou les évènements, les instrus comme le berimbau et l’atabaque sont souvent squattés par les hommes (because hierarchie, invités, niveaux, maitrise, respect, bla bla bla….) et même parfois (souvent?) dans les évènements 100% féminin (un comble!!)
….Et c’est bien le manque de pratique qui fait qu’on se fait une montagne de ces instrus « trop difficile à jouer » et qui fait que l’occasion ne se présente jamais de jouer dans la roda (ou du moins c’est l’excuse qu’on se trouve) et donc qu’on ne prend jamais l’espace qui nous est dû dans une bateria.

Je n’ai jamais appris la musique encore moins le solfège (le triangle et les claves en CE1 sont ma seule base musicale!) et pourtant lorsque j’ai commencé la capoeira j’ai tout de suite voulu apprendre à jouer des instrus et à chanter. Et j’ai eu la chance d’avoir dans mon groupe, des cours de musique où on apprenait à jouer de tous les instruments et à chanter (et ces cours existent toujours 15 ans après la création du groupe 🙂
Soit, tous les groupes ne proposent pas de cours de musique mais rien n’empêche à la fin d’un cours ou d’une roda de prendre un instru et d’essayer. De demander des conseils aux profs sur un toque spécifique d’atabaque (rythmes de capoeira, samba, maculelê…  en fonction des progrès) puis de répéter sur un coin de table à la maison pour chopper le geste et la coordination!

Prendre un berimbau, apprendre à le tenir, à tenir la baguette, à positionner la calebasse, se familiariser avec les différents sons, et ensuite commencer à apprivoiser un rythme « simple » pour commencer, tranquilou , pas à pas, sans stress.
Vous n’avez pas le budget pour vous offrir un berimbau? les wishlists  sont faites pour ça (noël, anniversaire, toutes les occasions sont bonnes). Sinon demander à un élève de vous en prêter un , ou aller vous poser dans un parc avec des capoeiristes et quelques instrus (bon OK pas tout de suite, attendons le printemps 🙂 et lancez vous!
Pas besoin d’attendre d’avoir son propre instru pour commencer à en jouer, mais l’avoir à disposition à la maison est sans aucun doute le meilleur moyen pour progresser.

De plus en plus, les élèves  font des voyages découvertes (ou des pèlerinages pour les plus anciens 😉 ) au Brésil, à Salvador ou Rio, et peuvent ramener un berimbau (en plus des traditionnelles havaianas)  pour les copines! N’hésitez pas à faire le tour des élèves de votre groupe pour savoir qui prévoit de partir ou voyez directement avec votre prof qui peut aussi avoir des bons plans!

Pour l’atabaque, négocier de vous en faire ramener un dans les bagages  est un peu plus compliqué (mais pas impossible!). Sachez que beaucoup d’artisans ou de boutiques spécialisées à Rio et Salvador expédient des atabaques(certes, le fret est un peu cher). Et pour en avoir fait ramener un cet été pour une copine, je peux vous dire qu’elle en est pleinement satisfaite.
Une alternative moins couteuses reste les petites annonce type le bon coin où vous trouvez régulièrement des congas (rarement des atabaques) à des prix intéressants (et là encore la wishlist tombe à pic)!

l'iguane et ses atabaques

l’iguane et ses atabaques

C’est un investissement c’est sûr, mais il y a une certaine fierté de réussir à avoir ses propres instrus. Et puis il n’y a pas de secret: pour s’améliorer il faut pratiquer! Des petites sessions hebdomadaires de musique instrus/chants (comme ici sur la photo, ma session hebdo) font aussi partie de l’entrainement d’un capoeiriste. Avant d’avoir mon premier pandeiro, j’ai appris le toque sur … un boitier de CD ! et avant d’avoir mes atabaques, je jouais les rythmes sur un coin de table, sur une chaise et même sur mes genoux quand j’étais dans le bus;) et je me précipitais sur les instrus après les cours pour voir l’effet « réel » que ça avait de jouer sur un vrai instru. OK certains toques de berimbau sont plutôt chauds à jouer et viennent avec le temps,  MAIS ce n’est pas les toques les plus joués dans les rodas donc ça ne devrait pas nous empécher de prendre le berim 🙂
Donc ma conclusion c’est que: filles ou garçons, pour la musique il n’y a vraiment aucune différence à ce niveau là ni aucune excuse pour ne pas s’y mettre. Le budget ne doit pas rentrer en ligne de compte car de nombreuses alternatives existes. Seule la motivation et la pratique feront que petit à petit on verra de plus en plus de minettes tenir une bateria! Alors let’s go!!!!!!

Et vous, niveau instrus vous vous placez où dans la roda? Ca maitrise ou ça galère? Laissez vos comm’

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7 réflexions sur “Les filles dans la bateria de capoeira

  1. Amazona dit :

    C’est drôle je n’avais jamais pris conscience de cette forme de distinction mais en lisant cette article et en y repensant il est vrai qu’en général dans les événements tels que les stages ou les batizados, les femmes sont plus souvents à l’agogo et au pendero !
    Je me rappelle qu’au premier batizado ou je m’étais rendue j’étais toute fière de prendre l’atabac ( et je n’avais que 12 ans !) sauf que je m’étais un peu embrouillée et un maître m’avait lancé un de ces regards !! Je me sentais vraiment ridicule ! Dans mon groupe une espèce de petite compétition de « maestro de l’atabac » s’est mise en place , c’est à celui qui ajoutera le plus de variantes ( contre temps etc) dans le rythme qui l’emportera ! Ducoup c’est devenu un véritable challenge de toujours chercher de nouvelles manières différentes de frapper la peau afin d’obtenir tel ou tel son ! Tout cela m’a permi d’acquérir un bon niveau et c’est toujours une fierté de pouvoir prendre l’atabac pour  » faire fumer  » comme on dit dans mon groupe ! Toutefois attention parce que parfois trop de variantes tuent le rythme !

    Pour ce qui est du berimbau c’est un peu plus complexe de le prendre pendant les événements à cause du système de graduations/respect , bien souvent les berimbaus sont dans les mains des maîtres et ils y restent !

    Les instruments et la musique font le charme de la capoeira , c’est pourquoi je pense que c’est vraiment un aspect incontournable de la capo , il faut donc s’y mettre ! Ça permet de faire vivre la roda et puis ça peut être un excellent compromis lors des blessures qui empêchent la pratique physique !

    Peu importe les difficultés ; Rien ne résiste à l’entraînement . Il faut s’y mettre !!!

  2. Congo da CECICA dit :

    Trés bon article!
    Perso je tiens bien quelques rythmes sans être un virtuose du berimbau 🙂
    Pour l’atabaque c’est basique.
    Axe galera!

  3. Patinha dit :

    Perso, ça galère graaaaaave ! Je suis loin d’être musicienne, je ne sais pas ce qu’est une mélodie… Ma seule fierté, c’est que mes bases de danses m’ont appris le rythmes, les basses, du coup, je m’en sors presque bien aux percussions mais le berimbau est juste mon pire ennemi ! 😉

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