Acorda Maria Bonita

A toutes les guerrières du quotidien partout dans le monde, en ce mois de mars dédié à « la femme », Lipstick se devait d’apporter sa petite contribution. Et pour le coup ça sera une contribution historique et musicale 🙂

J’ai choisis de vous parler d’une figure féminine historique chantée régulièrement dans les rodas : Maria Bonita (qui en plus est née un 8mars, journée de la femme!)  Bon, en vérité j’ai choisis de parler de Maria Bonita, non pas pour la figure historique qu’elle est devenue en fricotant avec Lampiao mais plutôt  pour mettre à l’honneur une très belle chanson d’Angola que j’ai eu la chance d’apprendre avec Mestre Boca Rica dans son académie, il y a quelques années (et malheureusement je ne l’ai jamais entendu ailleurs que dans son académie).

Alors j’ai fait un travail sur moi et je me suis filmée en m’accompagnant au berim (ps: #jenesuispaschanteuse)  car c’est vraiment une très belle chanson et si elle pouvait être plus  chantée dans les rodas ça serait super. Bon, pour celles qui n’ont jamais entendu parler de Maria Bonita ni de Lampiao (paaaas bien) voici un très bref rattrapage (je vous laisserai faire de plus ample recherches sur le sujet):

« Personnage légendaire de l’histoire brésilienne, le célèbre bandit Lampiao (né vers 1897) qui défia pendant près de vingt ans,  non seulement les autorités du Nordeste brésilien mais encore le pouvoir central, fut décapité en 1938, et sa tête fut exposée sur la place publique. Voici comment l’un de ses contemporains l’a décrit : « Lampiao, qui possède un coeur furieux tel un Vésuve de crimes, est en réalité, il ne faut pas le nier, un bandit exceptionnel. Il génère le crime et s’en nourrit. Cet homme qui, le matin, regarde le soleil à travers le canon de son fusil meurtrier, qui, la nuit, baigne la lame froide de son poignard dans les rayons mélancoliques de la lune, ce Lampiao qui sème la douleur, qui fait des veuves et des orphelins, bourreau des vierges, violeur des foyers est en réalité un bandit dont la structure psychologique, si elle était analysée par des scientifiques compétents, offrirait au monde le portrait d’une individualité exceptionnelle capable du pire. » extrait du livre:Lampião, vies et morts d’un bandit brésilien de Elise Grunspan Jasmin

C’est en 1929 qu’il rencontre Maria Gomes de Oliveira, connue comme Maria Bonita. Née le 8 mars 1911, elle est alors mariée. Lors de ses régulières disputes avec son mari, elle se refugie chez ses parents, qui abritent parfois Lampião et ses troupes. C’est là qu’elle rencontre le bandit et décide de rejoindre ses troupes à ses côtés, devenant la première femme à intégrer un groupe de Cangaço. Par la suite, d’autres femmes rejoindront la bande. Le couple sanguinaire sévira jusqu’au 27 juillet 1938, jour où la bande se retrouve prise au piège dans son repère, par les troupes de la police ». (extrait Le PetitJournal)

Maria Bonita

Maria Bonita

Donc tous deux sont  considérés comme de véritables héros dans le folklore brésilien (malgré toutes les atrocités qu’eux  et leur bande ont pu commettre) et donc chanté comme il se doit dans les roda de capoeira. Voilà, ça c’était pour le côté historique.

Même si personnellement je ne considère pas Lampiao et sa bande comme des héros ou des justiciers (mais libre à chacun de se faire son avis) je dois dire qu’être une femme dans ces conditions là, vivre toute l’année dans le maquis, dormir constamment d’un seul oeil,  et surtout réussir à se faire respecter un minimum parmi cette bande de mecs,  était pour l’époque un acte assez guerrier et rebel.

Donc pour en revenir à la vidéo et en particulier à cette chanson « Acorda Maria Bonita », elle a été écrite par Volta Seca (surnom d’un des membres de la bande à Lampiao). C’est une chanson folklorique dont le refrain dit:

« Réveilles toi Maria Bonita

Lèves toi et va faire du café (ouais OK l’émancipation des femmes à l’époque c’était pas trop d’actualité)

Le jour est en train de se lever

Et la police est déjà en route »

Autant je ne suis pas fan de la version folklorique originale (dispo sur youtube), autant la version angola de Mestre Boca Rica est tellement poétique, douce et pleine de tendresse quand il l’a chante avec ses yeux brillants et son sourire, que ça ferait passer Maria Bonita pour une innocente, pure et frêle jeune femme.

C’est pourquoi je vous propose cette petite adaptation (by myself) en version Angola et Benguela pour multiplier les occasions de la chanter. J’espère que vous aimerez  et surtout n’oubliez pas : #soyezindulgentes #jenesuispaschanteuse :p   vidéo

 

Et si plus de vidéos ou podcasts musicaux sur des chansons de capoeira ayant pour thème les femmes vous plairait, levez la main.

D’après vous, quelle contribution une capoeiriste peut elle apporter pour la journée/le mois de la femme? Avez vous fait des rodas spéciales dans votre groupes?

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4 réflexions sur “Acorda Maria Bonita

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