Acorda Maria Bonita

A toutes les guerrières du quotidien partout dans le monde, en ce mois de mars dédié à « la femme », Lipstick se devait d’apporter sa petite contribution. Et pour le coup ça sera une contribution historique et musicale 🙂

J’ai choisis de vous parler d’une figure féminine historique chantée régulièrement dans les rodas : Maria Bonita (qui en plus est née un 8mars, journée de la femme!)  Bon, en vérité j’ai choisis de parler de Maria Bonita, non pas pour la figure historique qu’elle est devenue en fricotant avec Lampiao mais plutôt  pour mettre à l’honneur une très belle chanson d’Angola que j’ai eu la chance d’apprendre avec Mestre Boca Rica dans son académie, il y a quelques années (et malheureusement je ne l’ai jamais entendu ailleurs que dans son académie).

Alors j’ai fait un travail sur moi et je me suis filmée en m’accompagnant au berim (ps: #jenesuispaschanteuse)  car c’est vraiment une très belle chanson et si elle pouvait être plus  chantée dans les rodas ça serait super. Bon, pour celles qui n’ont jamais entendu parler de Maria Bonita ni de Lampiao (paaaas bien) voici un très bref rattrapage (je vous laisserai faire de plus ample recherches sur le sujet):

« Personnage légendaire de l’histoire brésilienne, le célèbre bandit Lampiao (né vers 1897) qui défia pendant près de vingt ans,  non seulement les autorités du Nordeste brésilien mais encore le pouvoir central, fut décapité en 1938, et sa tête fut exposée sur la place publique. Voici comment l’un de ses contemporains l’a décrit : « Lampiao, qui possède un coeur furieux tel un Vésuve de crimes, est en réalité, il ne faut pas le nier, un bandit exceptionnel. Il génère le crime et s’en nourrit. Cet homme qui, le matin, regarde le soleil à travers le canon de son fusil meurtrier, qui, la nuit, baigne la lame froide de son poignard dans les rayons mélancoliques de la lune, ce Lampiao qui sème la douleur, qui fait des veuves et des orphelins, bourreau des vierges, violeur des foyers est en réalité un bandit dont la structure psychologique, si elle était analysée par des scientifiques compétents, offrirait au monde le portrait d’une individualité exceptionnelle capable du pire. » extrait du livre:Lampião, vies et morts d’un bandit brésilien de Elise Grunspan Jasmin

C’est en 1929 qu’il rencontre Maria Gomes de Oliveira, connue comme Maria Bonita. Née le 8 mars 1911, elle est alors mariée. Lors de ses régulières disputes avec son mari, elle se refugie chez ses parents, qui abritent parfois Lampião et ses troupes. C’est là qu’elle rencontre le bandit et décide de rejoindre ses troupes à ses côtés, devenant la première femme à intégrer un groupe de Cangaço. Par la suite, d’autres femmes rejoindront la bande. Le couple sanguinaire sévira jusqu’au 27 juillet 1938, jour où la bande se retrouve prise au piège dans son repère, par les troupes de la police ». (extrait Le PetitJournal)

Maria Bonita

Maria Bonita

Donc tous deux sont  considérés comme de véritables héros dans le folklore brésilien (malgré toutes les atrocités qu’eux  et leur bande ont pu commettre) et donc chanté comme il se doit dans les roda de capoeira. Voilà, ça c’était pour le côté historique.

Même si personnellement je ne considère pas Lampiao et sa bande comme des héros ou des justiciers (mais libre à chacun de se faire son avis) je dois dire qu’être une femme dans ces conditions là, vivre toute l’année dans le maquis, dormir constamment d’un seul oeil,  et surtout réussir à se faire respecter un minimum parmi cette bande de mecs,  était pour l’époque un acte assez guerrier et rebel.

Donc pour en revenir à la vidéo et en particulier à cette chanson « Acorda Maria Bonita », elle a été écrite par Volta Seca (surnom d’un des membres de la bande à Lampiao). C’est une chanson folklorique dont le refrain dit:

« Réveilles toi Maria Bonita

Lèves toi et va faire du café (ouais OK l’émancipation des femmes à l’époque c’était pas trop d’actualité)

Le jour est en train de se lever

Et la police est déjà en route »

Autant je ne suis pas fan de la version folklorique originale (dispo sur youtube), autant la version angola de Mestre Boca Rica est tellement poétique, douce et pleine de tendresse quand il l’a chante avec ses yeux brillants et son sourire, que ça ferait passer Maria Bonita pour une innocente, pure et frêle jeune femme.

C’est pourquoi je vous propose cette petite adaptation (by myself) en version Angola et Benguela pour multiplier les occasions de la chanter. J’espère que vous aimerez  et surtout n’oubliez pas : #soyezindulgentes #jenesuispaschanteuse :p   vidéo

 

Et si plus de vidéos ou podcasts musicaux sur des chansons de capoeira ayant pour thème les femmes vous plairait, levez la main.

D’après vous, quelle contribution une capoeiriste peut elle apporter pour la journée/le mois de la femme? Avez vous fait des rodas spéciales dans votre groupes?

Publicités

L’Interview du mois: Professora Chiclete

Toute première interview d’une angoleira dans cette rubrique! Ce mois-ci j’ai choisi de vous présenter professora Chiclete du groupe Angoleiros do Mar. Je l’ai rencontré au Natal Capoeirando du groupe Arte Negra à Bordeaux en décembre dernier et j’ai halluciné quand je l’ai vu jouer. Une ptite minette élancée qui ne paye pas de mine se transforme dans la roda en une angoleira pleine de malice, de style et de technique . J’ai vraiment adoré la voir jouer et l’observer en dehors de la roda. Je trouve qu’il est difficile d’être une prof de capo quelque soit le style mais particulièrement en capoeira angola ou le poids des traditions et des vieilles habitudes ont la vie dures et c’est pourquoi je voulais avoir le point de vue de Chiclete sur ces différents aspects. Je vous laisse découvrir  son parcours et sa vision de la capoeira.

Professora Chiclete

Professora Chiclete

Peux tu te présenter : Nom de guerre, grade, groupe, ville?

Je m’appeler Julie Flipo ou « Chiclete » (traduction chewing gum) en Capoeira.

Je suis « professeur » du groupe Angoleiros Do Mar à Lille dans le Nord de la France.

Le groupe Angoleiros Do Mar a été fondé en 1998 sur l’ile d’Itaparica dans l’Etat de Bahia par Mestre Marcelo Angola.

Quand et comment as tu connu la capoeira ?

J’ai découvert la Capoeira en 2001 à México dans l’Université ou j’étudiais. C’est là que j’ai rencontré Mestre Marcelo Angola.

Quelle a été ton évolution dans la capoeira et quel est ton rôle au sein de ton groupe?

J’ai pratiqué 2 ans avec Mestre Marcelo Angola à México puis 1 an à l’école de l’ile d’Itaparica , puis j’ai fondé en France, en 2004, avec l’aide de Contra-Mestre Bizarro, l’école de Capoeira Angola de Lille.

En 2009, j’ai repris les rennes de l’Ecole seule, je suis d’abord passé « Trenel », puis « Professeur ».

Mais dans notre groupe, les « grades » n’ont pas tellement d’importance. Ce qui importe c’est ta « vivencia », ton vécu et ton implication dans l’histoire du groupe.

 Quels étaient tes objectifs initiaux quand tu as commencé ?

Au début, je pratiquais pour moi !

J’aimais profiter des énergies de la Capoeira, des amis, des rencontres…

Puis, rentrée en France, je n’avais pas le choix : pas de Capoeira Angola dans ma ville…

J’ai du faire en sorte que la Capoeira Angola puisse me suivre jusqu’à Lille !

Comment est venu ton nom de capoeriste ?

J’ai été gymnaste dans mon enfance, à un niveau national pendant quelques années.

Quand Mestre Marcelo m’a rencontré, à 18 ans, j’étais encore très souple !!

D’ou le nom « chewing gum » :=)

Y’avait il beaucoup de femmes capoeiristes dans ton groupe quand tu as commencé ?

A l’époque, les cours mélangeaient autant de femmes que d’hommes

A cette époque, quelles étaient tes inspirations femme dans la capoeira ?

J’avais une professeur réfèrente sur l’ile d’itaparica : Brisa

A ce jour, elle a malheureusement arrêté….

Sinon : aucune !Et encore très peu à ce jour :=(

Quel moment t’a le plus marqué jusque là  dans ton parcours de capoeira ?

Je pense qu’il n’y a pas de moment précis…

L’apprentissage de la capoeira et un long chemin ! et c’est toute sa durée et sa difficulté qui en fait sa puissance.

As-tu déjà participé à des rencontres féminines de capoeira? Jusqu’à aujourd’hui, non

Je n’étais pas « pour »….

Capoeira e pra homem, menino e mulher

Il n’est selon moi pas nécessaire de distinguer les genres, c’est une réponse du même ordre que le machisme

Je refuse de répondre à la ségrégation par la ségrégation

Je pense que toute femme a sa place dans une rencontre, elle doit simplement se battre 2 fois plus qu’un homme pour obtenir son espace !!

Là Cependant, dans 2 semaines, je vais participer à mon 1er évènement de femmes.

Je vais aller ressentir l’énergie, mieux vaut tester les choses avant d’en parler…

Je t’en reparlerai après…. :=)

Penses tu que l’image de la femme capoeriste a evolué depuis que tu as commencé?

L’image de la femme capoeiriste n’a pas « évolué » depuis 2000, elle s’est simplement « créée » !!

Car, sauf erreur de ma part, les femmes n’ont même pas 30 ans dans la Capoeira !!

Nous sommes la 1ère génération de femme à avoir réellement accès à la Capoeira et à ce qu’elle peut apporter…

Nous avons beaucoup de responsabilité sur les épaules, et peu ou presque pas de « référence »

Est-ce difficile de faire sa place comme professeur de capoeira angola quand on est une femme?

Il est difficile de faire sa place dans n’importe quel milieu professionnel lorsque l’on est une femme en général.

Il est clair que la Capoeira étant une culture essentiellement masculine depuis des décénnies, c’est encore plus difficile

Sans oublier que la Capoeira vient du Brésil, le seul pays au monde qui a une police spéciale pour les femmes «délégacia da mulher » et une loi spéciale pour les violences conjuguales (lei Maria da Pena), donc oui un pays quelque peu « machiste »

Donc, comme je l’ai dit précédemment, pour moi, une femme a accès à tout, mais elle doit fournir 2 fois plus d’efforts pour le prouver !

Quelles difficultés as tu dû surmonter (essayes tu toujours de surmonter) dans ton parcours?

Il est difficile d’obtenir une certaine valorisation de ta « force »

Certes, les femmes n’ont pas la même « force » physique que les hommes et nous ne l’aurons jamais, mais la femme possède d’autres « forces » bien plus subtiles qu’elle doit pouvoir mettre en avant.

Le fait de ne pas te laisser l’accès au chant dans certaines écoles, de ne pas te laisser jouer plus de 30 secondes…

Ou les mouvements machistes durant le jeu de Capoeira : l’homme qui balance son bassin sur ton visage dans une position ou tu es rabaissée physiquement, ou bien l’homme qui profite de son poids pour rester assis sur toi dans une position de faiblesse physique pendant le jeu… bref, quelques difficultés oui.

En plus d’être une femme, je suis française (non-brésilienne) et également « blonde » ! La discrimination est parfois tellement facile :=)

As tu déjà pris part à des projets sociaux-educatifs/culturels dans ton groupe ou ailleurs avec comme base la capoeira?

Le travail depuis 2004 à Lille est entièrement mélé à un projet socio-éducatif sur l’ile d’Itaparica.

Les différents professeurs du groupe que nous appelons pour travailler en Europe viennent tous de conditions de vie difficile et la Capoeira leur permet aujourd’hui de faire vivre décemment leurs familles restées au Brésil.

De plus, tous les ans, les enfants de l’ile qui pratiquent la Capoeira, ont la possibilité de rencontrer des Capoeiristes du monde entier en Janvier et Février qui viennent s’entrainer dans l’Ecole de l’ile avec Mestre Marcelo. Certains élèves comme India du Chili donne des cours de diverses matières pendant ces 2 mois, d’autres enseignent la percussion, l’artisanat et tous les ans, tous les étrangers participent à  des dons de vêtements, chaussures et autres.

Le groupe Angoleiros Do Mar est très lié à travers le Monde et surtout avec sa base sur l’ile d’Itaparica.

Tu vas régulièrement au Brésil, parles nous un peu de cet attachement que tu as avec ce pays et ce peuple.

Je vais au Brésil tous les ans depuis 14 ans, au moins 1 mois oui

Il est nécessaire de recharger les batteries dans la maison mère.

Et surtout de continuer le lien avec l’Ecole de l’ile et des Rodas des anciens maîtres à Salvador

L’arbre, s’il veut continuer à fleurir, ne peut couper ses racines :=)

Te vois-tu y faire ta vie plus tard?

J’y ai déjà vécu 1 an…

Pour l’instant, je ne souhaite pas y vivre toute l’année.

La réalité là-bas est autre, les conditions de vie assez difficiles

Pour le moment, j’aime bien cette dualité France l’été et Bahia l’hiver :=)

Développes-tu des échanges intercontinentaux entre tes élèves de Lilles et de l’Ile? 🙂

Oui, la plupart de mes élèves ont compris que s’ils voulaient être de « vrais » capoeiristes, il fallait aller découvrir son essence, donc aller au Brésil, et encore plus, sur l’ile

Tous les ans, entre 4 et 5 d’entre eux me suivent là-bas

Inversement, nous invitons tous les ans un professeur de l’ile à venir en Europe pour échanger.

Selon toi, quelles sont les qualités qu’une femme doit avoir pour être une bonne capoeiriste ?

Hargneuse, déterminée, courageuse, et surtout comme pour tout autre activité HUMBLE…. Le chemin est très long !!!

Penses-tu qu’une femme doit jouer différemment d’un homme ?

Ce n’est pas qu’elle « doive » jouer différemment  c’est qu’elle « ne peut pas » jouer comme un homme !! Et tant mieux car ce n’est surtout pas le but !

Le jeu de Capoeira c’est 80% de psychologique et on sait tous que la femme possède en elle une force mentale assez puissante.

Elle doit être très courageuse pour affronter des personnes faisant parfois le double de son poids, mais elle peut aussi en tirer partie rapidement !

La femme possède des qualités impressionnantes de rapidité, flexibilité et surtout d’intelligence qui lui permet d’avoir une palette de jeu très ample !!

Quelle est ta philosophie de vie ?

Nao se consegue nada sem sofrer….

Plus c’est dur, plus ce sera bon à la fin :=)

Comment vois-tu la capoeira dans 20 ans et ou te vois-tu aussi?

Ma philosophie : deixa vida me levar…

Aucune idée, seul Dieu sait… et je lui laisse les rennes…

Combien d’heures par semaine consacres-tu à la capoeira ?

A la Capoeira ? 12h par jour 7 jour/semaine

A la pratique de la Capoeira ? au moins 10h et si Festival le week-end alors 10h de plus :=)

C’est important pour toi  de rester féminine dans la roda ?

La féminité c’est une manière d’agir, de penser et d’être. C’est la « mandinga » des femmes.

La féminité est donc un atout à conserver dans toutes les situations de vies

A ne pas confondre avec les « démonstrations de féminité » (maquillage, bijoux, décolleté et autres dessous inappropriés…)

Je déconseille ces atours pendant la Roda, car déjà ils peuvent être dangereux (dans le cas de la boucle d’oreille ou de la bague qui arrache le membre), mais aussi parce qu’ils peuvent déplacer l’attention des « specateurs » au mauvais endroit et donc ne permettra pas la vraie mise en valeur de la Capoeira de l’intéressée

Finalement, j’ai un rapport assez « spirituel » avec la Capoeira, et j’aime lui monter un certain « respect » pendant la roda et je pense que la sobriété en fait partie….

Quelle est ta chanson de capoeira préférée?

Deixa que eu levo meu barco pro mar

Le mostro o que deve fazer

Assim quando eu nao aguentar

Voce ja sabe o que fazer

Traduction :

Laisse-moi emmener mon bâteau en mer

Je te montre comment il faut faire

Comme ça quand je n’aurai plus de force

Tu sauras comment faire

J’aime cette chanson car elle parle de moments de faiblesse dans ton parcours de Capoeiriste, et de création de lien de confiance avec certaines personnes, qui, au moment ou tu en auras besoin, seront là pour t’aider, te soutenir

Quel message donnerais-tu aux capoeiristes feminines?

Ne nous battons pas de manière ostentatoire pour obtenir du respect ou de la place

Prenons notre place subtilement et lentement à coup de travail dur et de sueur

Le respect s’obtient en prouvant votre détermination silencieuse et continue…

Tem mulher na roda !

Où peut-on te retrouver ?

Si quiser me ver, vai no « Fofocabook » (FB): « chiclete angoleiros do mar lille »

Ou sur www.capoeira-lille.com

 Et si vous souhaitez en savoir encore plus sur Professora Chiclete, vous trouverez ICI une autre interview (et oui elle est très demandée cette demoiselle!) ou elle se raconte un peu plus.

Bonne lecture les guerrières!

L’Açai na Tigela, ou comment j’ai fait rentrer le Brésil chez moi

Cet article est dédié à toutes celles qui sont déjà allées au Brésil et qui ont croisé la route d’un BiBi, Big Nectar ou Cubana. A toutes celles qui se sont envoyées leur « vitaminas » ou leur « açai na tigela » avant d’aller s’entrainer sous la chaleur de Rio ou de Salvador.
Pour toutes les autres, les 2 phrases ci-dessus vous sembleront incompréhensibles.

Le week-end dernier j’ai fait un bond dans le temps, je remontais la ladeira du pelô en flânant le long des boutiques qui m’amenaient à mon cours quotidien de capo, mon pot de « vitaminas » 500 émièli* à la main.  Une gorgée plus tard je me posais à un Big Nectar d’Ipanéma épuisée après mon cours mais heureuse de m’être entrainée pour le plaisir de recharger les batteries avec un Açai na Tigela .
Allez,  je m’arrête là mais ce week end  les flashs étaient nombreux. Du coup il fallait à tout prix que je vous parle de ce qui m’a fait faire ce flashback tropical: ma découverte de l’acai en poudre bio et 100% pur fruit que j’ai testé pour la 1ère fois la semaine dernière quand j’ai fait mon tout 1er Açai na tigela home made by myself avec mes 10 petits doigts 🙂
(bon ok, ceux qui me suivent sur Instagram le savaient déjà ). Bon, certaines me diront: « ouais l’açai en poudre ce n’est pas nouveau ». Certes,  mais ce n’était pas si facile que ça à trouver en France et encore moins du bio 100% fruit (parfois ils sont mélangés avec d’autres trucs).  En principe il faut des portions d’acai frais (ou surgelés) mais à priori en France ça ne se trouve pas en vente à distance donc la poudre s’avère un bon compromis.

Du coup: Danse de la joie pour moi 🙂 Toute fière de ma trouvaille et de mon chef d’œuvre (la fille qui se la raconte), je vous poste ze photo du jour où j’ai masteurisé 🙂
Le Match:
A ma gauche l’Acai na Tigela de la sorveteiria A Cubana de Salvador (mon QG)  aout 2014

A ma droite l’Acai na Tigela de ma cuisine   28 février 2015:)

Açai na tigela- A Cubana

Açai na tigela- A Cubana

açai na tigela- Iguana

açai na tigela- Iguana

 

 

 

 

 

 

 

 

Verdict: Bon OK ça brille plus et c’est un peu plus compact à gauche car c’est de la pulpe de fruit hyper concentrée, mais visuellement en ajoutant quelques fruits rouges ça claque aussi à droite non? J’avoue, j’étais assez sceptique avant de commander, en me demandant si le gout et la texture seraient les mêmes. Et bien je peux vous dire que oui. Pas à 100% soyons honnêtes, mais disons 85%, ce qui me suffit largement pour faire voyager ma tête et mes papilles.

Je n’avais pas gouté d’açai depuis aout dernier lorsque je finissais mon « pèlerinage » bisannuel au Brésil et franchement dès la 1ere cuillère j’ai voyagé direct!
J’avais déjà des paçoquita et des cocadinha pour mes shoots spéciaux Brasil et bien maintenant j’ai mon açaiiiiiiiii 🙂 Et ça a 2 avantages: 1/ vous faire voyager au soleil (alors qu’il fait 2°dehors) et vous rappeler des souvenirs  et 2/ vous donner la patate avant un cours ou après si vous enchainez votre journée (100x mieux qu’une boisson énergisante)
Voilà, c’était ma belle découverte du weekend-end dernier et je voulais vous la faire partager.
Je tiens également à vous mettre le lien d’un article sur le boom du commerce de l’acai qui malheureusement a aussi ses dérives car cette petite baie est  de plus en plus  « hype », notamment aux US où on en trouve dans tout et n’importe quoi. (si ça peut vous aider dans votre choix de consom’acteur): C’est ICI

Et vous, vous en avez déjà fait des suco/açai from Brazil? C’est quoi votre madeleine de Proust?

Bon week-end à toutes! Et si vous le demandez très très fort, je vous donnerais ma recette pour faire tout pareil que sur la photo.

N’oubliez pas, rejoignez Lipstick  sur Facebook    et Instagram. Dès qu’on arrive à 100likes –> On fête ça en organisant un CONCOURS!!!   youhouuuu le tout premier pour Lipstick! donc à vous de jouer 🙂

 

*private joke pour les connaisseurs

Petit lexique pour les novices:
Açai, qu’est ce-que c’est : c’est ICI
Vitaminas: un suco (jus) Vitaminas au Brésil est un jus /smoothie frais et énergisant contenant généralement de l’açai, du guarana, de l’acérola, de l’orange et de la banane. Il existe des centaines de recettes, certains (les gros sportifs) rajoutent de la poudre de protéines, d’autre (les gourmands) du lait concentré etc… c’est au choix!
Açai na Tigela (bol d’açai) : de l’açai, des bananes, des granola (les muesli hein, pas les gâteaux!) agrémenté au choix de fruits rouges/secs etc…

Mestra Suelly, The Making of a Mestra

En ce 1er mars, je vous propose de découvrir une référence en matière de capoeirista:  Mestra Suelly. Hélas je n’ai pas encore eu l’occasion de l’interviewer mais je crois e les doigts de le faire un  jour. Que dire de Mestra Suelly?…. on pourrait faire un blog entier sur elle (comme sur beaucoup d’autres Mestra de capoeira). Plus de 30 ans de pratique de la capoeira et 1ere femme américaine à recevoir le sacré graal, le titre de Mestra. En septembre dernier elle achevait une aventure incroyable : relier Berkeley (Californie) à Bahia (Nordeste-Brésil) à vélo en compagnie de son compagnon de toujours, Mestre Acordéon (et de quelques uns de leur disciples).  A travers ce texte de Mestre Acordeon vous allez découvrir une guerrière, en plus d’avoir le point de vue de Mestre Acordeon sur les femmes dans la capoeira et en prime une belle déclaration d’amour entre les lignes.

« Le « Iê » de Mestre Joel avait complètement inondé la pièce tel le cri d’un puissant guerrier ralliant ses soldats, faisant ainsi régner le silence autour de lui. Ce cri était fort, mais  doux et rauque à la fois,  comme du cristal que l’on faisait vibrer d’émotion. Toutes les personnes présentes dans la pièce à ce moment là ont ressenti cet instant. Ils étaient silencieux, attendant le moment où viendrait la ladainha. Je touchais le sol, sous le berimbau gunga, capturant ainsi de mes mains l’axé que je lançais au loin tel le pécheur qui lance un filet, ou le paysans semant ses graines sur une terre fertile.

En écoutant l’appel de Mestre Joël , mon corps entier eut  la chair de poule et j’ai commençais le chant  avec une infinie émotion:

« Tava la em casa, o Iaia

sem pensar nem imaginar

Tava la em casa, o laia

sem pensar nem imaginar

Quando ouvi bater na porta

Quando ouvi bater na porta, o iaia

Salomao mandou chamar

Pra ensinar a capoeira » …

Au milieu de la chanson, je n’avais pas bien articulé le mot ‘capoeira’, ce mot s’est perdu au milieu d’autres  sons incompréhensibles. J’avais soudain l’impression que mon cœur gonflait tellement  qu’il n’arrivait plus à tenir dans ma poitrine. S’en suivi une sensation de vertige comme soufflé au milieu d’une tempête qui me fit presque abandonner le jeu. Mestre Suassuna reprit alors le chant. Tout ce que j’avais à faire à présent était de jouer ma capoeira.

suelly9

Suelly (Suellen Einarsen) a commencé la capoeira en 1982. C’était une de mes premières élèves aux Etats Unis. Malgré le fait qu’elle soit débutante en capoeira, la qualité de ses mouvements ont toujours reflétés la technicité d’années de pratique de danse. Son chemin dans la capoeira était parallèle à sa carrière de danse moderne. Cependant, jamais ces deux disciplines ne se mêlèrent. Selon elle, les mouvements de capoeira ne devaient jamais être sortis de leur contexte dans le but d’enrichir une chorégraphie de danse. Inversement, sa capoeira ne se transformait jamais en danse uniquement.

Sans aucun doute, la capoeira rassemble pleins d’éléments : danse, musique, combat, théâtre, rituel, tradition et philosophie. Mais par essence, la capoeira est un combat ritualisé qui fonctionne comme un moyen d’expression individuelle à travers laquelle le capoeiriste lutteur,  philosophe, et finalement  artiste qui pratique son art avec son propre corps, ses émotions, son esprit, se retrouve avec lui même. Tout comme chaque chose dans la vie qui balance d’un côté ou d’un autre, Suelly à l’avantage et l’inconvénient d’être ma femme, ma compagne de tant de voyages et d’aventures. D’un côté, sa familiarité avec la capoeira s’en est trouvée enrichi par cette intimité, cette osmose. De l’autre côté, elle a souffert et continue de souffrir de l’immense pression de mes critiques. La manière dont je vis et ressens les choses font que c’est comme si elle était une extension de moi même, subordonnée à la même discipline que je m’impose dans la capoeira.  Je ne suis pas perfectionniste, mais j’exige toujours de moi même le maximum que je puisse donner. Après avoir suggéré l’idée et avec l’accord des autres mestres présents à notre dernier batizado, Mestre Ra a décidé qu’il était temps pour la Contra-Mestra Suelly de devenir Mestra de capoeira. Sans aucun doute, sa dévotion à la capoeira, son expérience et la qualité de son jeu ont justifié cette décision. Au delà de ca, c’est l’une des meilleurs professeurs dans notre académie et un bien meilleur enseignant que moi.

Donc, avec l’accord des Mestres Suassuna, Joel, Gato, Preguiça, Deputado, Bandeira, Amen, Efraim, Roni, Barrão, Pescoço, et Urubu et avec la bénédiction de tous les orixas, tout ce qui me restait à faire à cet instant précis, était de jouer ma capoeira. Une fois encore, nous nous sommes retrouvés au pied du berimbau. La musique de capoeira n’a jamais paru aussi belle et profonde à mes yeux qu’à cet instant. Un grand nombre de personnes présentes ce jour là ont mesuré la dimension de ce moment si spécial. Certains, submergés par l’émotion en ont même pleuré. La première femme capoeiriste née aux États-Unis était sur le point d’être rebaptisée. Qu’est ce que ce moment allait réellement signifier ? Une marque dans l’histoire de cet art traditionnellement masculin qui malheureusement se comporte toujours d’une manière sexiste et intolérante ? Sans aucun doute, un parallèle existe entre le peuple brésilien et américain en termes de diversité culturelle et raciale. Cependant si on regarde les droits sociaux, nous brésiliens, sommes loin derrière.  Malgré tout, le difficile combat pour l’égalité homme- femmes continu aux États-Unis tout comme au Brésil. Mais à cet instant précis, au pied du berimbau, Suelly est devenu le symbole d’une autre victoire féministe : un exemple des possibilités qui peuvent se réaliser au son du berimbau.

mestra suelly mestra acordeon

mestra suelly mestra acordeon

Aujourd’hui ma mémoire n’est plus aussi jeune, elle ne me rappelle que les jeux que j’ai joué. Cependant il m’est impossible de me souvenir de ce jeu avec Suelly. Ce qu’il me reste en mémoire est l’essence de ce moment : l’émotion, la valeur donnée à tant d’année de travail, et l’espoir qu’un précédent venait d’être créé : la reconnaissance que le travail, la connaissance et la dévotion à l’art de la capoeira est capable de briser les barrières de la race, du genre, des frontières et d’unir chacun de nous au sein d’une même famille. Puissions nous tous être frères dans la capoeira »

source : article « Mestra Suelly, The making of a Mestra » by Mestre Acordeon »  (traduction Iguana)

Découvrez le projet Berkeley to Bahia ICI

Que vous inspire cet article? En ce mois de mars « consacré » aux droits des femmes dans le monde, laissez vos comm 🙂

Et RDV sur  Instagram pour me suivre en photo au quotidien et sur Facebook pour des articles en exclu et des bonus  🙂