Interview: Contra-Mestra Covinha

Pour ce dernier article de 2016, j’ai choisi de vous offrir l’interview de Covinha, qui a reçu son tout nouveau grade de Contra-Mestra le mois dernier (voir l’article précédent à ce sujet) . Une très belle introspection sur son parcours et un joli message pour la capoeira.

Avant que le tic tac n’annonce la fin de cette année, j’en profite pour vous souhaiter à toutes un très heureux réveillon, merci pour l’année que nous avons passé ensemble et RDV l’année prochaine pour encore plus de bons moments et de nouveautés 🙂

Je vous embrasse très forts les guerrières! Très belle fin d’année à vous et je vous laisse tout de suite avec linterview de Covinha.

♥♥♥

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Peux-tu te présenter; nom de guerre, groupe, ville…?

Mon nom est Cécile Bennegent et mon surnom Covinha. Je fais partie du groupe Senzala de Rio, élève de Mestre Sorriso l’un de ses fondateurs, que j’ai rencontré début 97, à mon retour du Brésil où je venais de commencer la capoeira quelques mois à Recife, entre oct. 96 et février 97.

Quel a été ton 1er contact avec la capoeira et quel a été ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Les prémices : J’ai vu pour la première fois la capoeira à Salvador de Bahia, en novembre 1995. C’était mon premier voyage au Brésil. J’habitais Recife et je suis partie 15 jours à Salvador, et dans diverses villes du Nordeste pour connaître. J’ai vu une démonstration de capoeira au Mercado Modelo, j’ai été intriguée mais sans que ça n’aille plus loin alors.

Je suis rentrée en France avec l’objectif de travailler quelques mois pour repartir, essayer d’étudier ou travailler là-bas. Le voyage est tellement enrichissant que je ne me voyais pas rester « prisonnière » ici.

Petite parenthèse de retour en arrière: j’avais suivi des études d’Ethnologie jusqu’en Licence (3ème année) sans jamais sortir du système, et durant cette année-là (saison 1994-1995), cela ne me convenait plus, j’avais besoin d’air, besoin de découvrir autre chose, et le voyage était un rêve depuis toujours. Je ne l’analysais pas alors.  Et avant cette saison 94-95, rien ne m’invitait particulièrement au Brésil. Mais j’ai pratiqué la Batucada, j’avais fait une initiation au portugais du Brésil un peu par « hasard » deux ans plus tôt à la fac, et j’ai connu la toute petite communauté de Brésiliens à Lyon. Je me suis donc intéressée à ce pays en particulier et quand je me suis dit qu’il fallait que je me débrouille pour pouvoir faire mes valises, j’ai choisi cette destination. Je n’avais aucune économie pour le financer mais je pouvais travailler assez facilement en tant que secrétaire médicale pour tenter puis retenter l’aventure.

Donc, à mon retour d’un premier voyage, mon idée était déjà de repartir au plus vite, toujours à Recife car je pouvais être hébergée chez l’habitant. C’était une période où j’étais habituée à être toujours dans l’action avec le rythme ici (entre fac, vie associative, musique et sport. Là-bas je ne pouvais ni travailler ni étudier officiellement bien que je sois allée quelques fois à la fac pour faire des rencontres et voir ce que je pouvais apprendre sur la culture du Nordeste.

Du coup, je me suis rappelée de la capoeira, et je me suis dit : il faut vraiment que j’ai au moins une activité programmée et je me suis inscrite dans une académie, sans connaître plus que ça. C’était dans un groupe qui s’appelait « Força da Capoeira » avec le prof. Babuino (j’ai gardé le t-shirt en souvenir). Et je découvrirai bien plus tard qu’il faisait partie du groupe Candeias.

Leur fête de batizado avait lieu en décembre et je venais de commencer, je ne comprenais pas trop de quoi il s’agissait et j’avais préféré ne pas me faire baptisée à cette première occasion.

A mon retour en France en mars 1997, un ami brésilien de Lyon, le musicien Cesar Allan (qui avait son association: Cores Vivas do Brasil) m’a parlé de mestre Sorriso qu’il venait tout juste de rencontrer et m’a proposé de créer un atelier de capoeira au sein de son association, sous la responsabilité de Mestre Sorriso. J’ai foncé et l’aventure s’est poursuivie. On était un tout petit groupe dans ces « ateliers » de capoeira (on ne disait pas « cours » puisqu’il n’y avait pas de prof. et encore aucun capoeiriste à Lyon. Nous nous entraînions en autonomie, retravaillant les bases que nous passait notre maître.

Etudes d’éthnologie: En parallèle, à mon retour du Brésil, j’étais décidée à reprendre la fac pour faire une maîtrise (équivalent au master 1 d’aujourd’hui) avec un thème tout trouvé !  La Capoeira serait mon sujet de recherche. J’avais la chance de déjà parler et lire le portugais couramment. Mon maître de recherche, François Laplantine s’intéressait beaucoup au Brésil et développait les échanges entre les universités. Il avait étudié le candomblé mais ne connaissait pas la capoeira. Aucun livre sur le sujet n’existait en librairie et un seul avait été écrit en 1989 par Bruno Bachmann en français. A ce moment-là, je ne me posais aucune question sur l’avenir et je ne m’imaginais même pas devenir professeur de capoeira ni même publier un livre. J’avançais simplement. La pratique alimentait les recherches et vice-versa. Je mettais des choses par écrit pour les donner aux élèves du groupe (termes, traduction, chants…).

Je suis repartie au Brésil en février-mars 1998, j’avais seulement un mois pour faire mon travail de terrain en choisissant Salvador. Là encore, je n’avais pas de budget et j’ai emprunté car pour moi, ça ne pouvait pas attendre, j’espérais pouvoir rendre mon mémoire en juin ou septembre de la même année. Du coup, le timing était serré et le temps sur le terrain très court.

Salvador représentait le berceau de la capoeira et avec le peu de temps que j’avais il fallait que je fasse un choix. J’avais entendu parler du GCAP (Grupo Capoeira Angola Pelourinho) et de mestre Moraes ; je lui ai écrit pour expliquer mon projet, mais finalement, sur place, c’est avec Mestre Joao Pequeno que je m’entraînerai et que j’étudierai le sujet en essayant de comprendre ce contexte particulier,  la ville, les groupes et styles de capoeira (angola, régional principalement), l’histoire…

J’explique ce cheminement dans mon mémoire rendu en 1999 et qui est devenu un livre quelques années plus tard en 2002 réédité aux éditions Budo en 2006. La publication n’était pas un projet, mais je me suis rendu compte que les élèves capoeiristes étaient en demande d’informations et me demandaient des copies du mémoire ou des sources. Toutes mes sources venaient du Brésil. Même au Brésil, les livres sur le sujet ne se trouvaient pas en librairie. D’ailleurs, je ne remercierai jamais assez une personne qui a beaucoup compté et qui est devenu un ami ensuite, Frederico Abreu (historien passionné de la capoeira et le l’histoire des afro-brésiliens) car il m’a alors ouvert ses portes, mit à ma disposition son incroyable bibliothèque sur le sujet, en me faisant confiance et en ne demandant en retour qu’un exemplaire de mes écrits. Sans lui, je n’aurai pas pu avoir tous ces textes et ces sources précieuses.

La suite: En bref, j’ai fait plusieurs voyages au Brésil les années suivantes pour rendre mes écrits, revoir les gens, pratiquer la capoeira et également dans le cadre d’un projet (très vite démarré) après la sortie de mon mémoire. Une initiative d’un nouvel élève de capoeira à Lyon qui faisait des études de cinéma et souhaitait écrire un film documentaire sur le sujet. C’était Mathias Monarque, également professeur de capoeira aujourd’hui en Suède, avec qui j’ai écrit « Vida de Mandingueiro, être Capoeira », sorti en décembre 2006 sur France 3.

J’ai passé les cordes, comme tous les élèves et beaucoup appris aussi en tant que responsable associative, et finalement, en 2005 j’ai eu l’opportunité de donner des cours à Lyon, alors que je devais passer ma corde bleue d’instructrice. Ca a démarré tout doucement, j’ai créé l’association Gingando et même alors, je ne pensais pas encore travailler et vivre de la capoeira. Les opportunités se sont présentées très progressivement et je me suis finalement rendu compte que c’est ce que j’aimais faire vraiment. J’ai passé un BPJEPS* (Brevet Pro.Jeunesse Educ Populaire et Sportive) en 2008 pour me former notamment en pédagogie.

Je me sentais à ma place même si chaque année jusqu’à encore récemment, je remettais en question le fait de vivre de la capoeira uniquement, car rien n’est jamais gagné, c’est une course continue, mais c’est sûrement de ça dont j’ai besoin au final. On ne peut pas s’endormir, c’est un renouvellement perpétuel et ce travail oblige à l’action, à la remise en question, à la réflexion sur de nouvelles mises en place et à la formation personnelle continue. Tout un programme et la garantie de ne jamais s’ennuyer !

Quels étaient tes objectifs quand tu as commencé la capoeira?

Je n’avais pas d’objectif particulier, à part, au tout début à Recife, faire quelque chose qui me ferait découvrir un peu mieux la culture brésilienne, puis mieux la comprendre en parallèle de mes études Au fond du fond, si j’ai toujours continué, c’est parce que la capoeira, si on l’appréhende vraiment dans sa globalité, nous pousse à réfléchir sur nous-mêmes, sur notre place dans la ronde, dans la vie, qu’elle nous aide à évoluer et grandir, même si ce n’est pas toujours appréhendé consciemment.

D’où vient ton apelido ?

Et bien, c’est un peu bête mais la première fois que Mestre Sorriso est venu à Lyon pour un week-end et qu’il était hébergé chez moi, nous ne nous connaissions pas, et à un moment il m’a regardé et m’a dit que je m’appellerai comme ça, en voyant ma fossette au menton. Finalement, le jour du batizado, il avait oublié mais au vu des surnoms qui se présentaient, je le lui ai rappelé et c’est resté.

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Lorsque tu as commencé il y a 20 ans, y’avait-il beaucoup de femmes dans la capoeira ?

Dans le cours à Recife, il y en avait quelques-unes, très jeunes. Mais elles n’ont jamais été très nombreuses, du moins dans les rangs des gradés. La première femme professeur que j’ai connu à peu près à la même époque est Mestra Ursula de Paris qui devait être à cette époque,  corde bleue ou verte. Puis très vite aussi Mestra Sapeca (alors du groupe de Capoeira Brasil) qui s’est installée à Lyon en 1998 je crois et était instructrice. Il y a eu aussi Contra-Mestra Cristina de Paris que je trouvais impressionnante. Les filles ont souvent été plus nombreuses dans les cours débutants et intermédiaires et moi-même, j’avais parfois une majorité d’élèves fille dans mes cours.

Quels étaient tes modèles/inspirations de femmes capoeiristes avec qui tu t’identifiais?

Je ne crois pas avoir eu réellement de modèle en particulier. Bien sûr, voir le peu de femmes qui étaient présentes et voir leurs jeux et leur énergie, voir qu’elles avaient une place a sûrement beaucoup compté. On voyait aussi qu’elles en voulaient vraiment, qu’elles devaient s’imposer dans les rodas. Mas je ne me rappelle pas avoir cherché à analyser ou m’être posée tellement de questions à ce sujet. Je ne me projetais pas si loin et sûrement heureusement, car c’est quand on envisage une impossibilité qu’on se freine. Je manquais beaucoup d’assurance, j’étais très effacée et en même temps, tout ce que je mettais en place m’obligeait à avancer et à dépasser mes limites personnelles.

A  tes débuts, quelles ont été les difficultés que tu as dû surmonter ?

Il y en a de toutes sortes et pas forcément obligatoirement liées que à la capoeira sauf que la capoeira révèle beaucoup de choses. Elle met en lumière, à mon sens, qui on est ou qui on veut être, pour soi et avec les autres, les interactions qui existent entre les personnes, les formes de communications etc… La capoeira est un jeu dont les règles ne sont pas simples à comprendre et à intégrer, tout simplement parce qu’il n’y en a pas, ou plutôt, que les règles existantes ne sont pas totalement définies en réalité. Tout est toujours en mouvement, rien n’est figé (comme dans le jeu justement).

Les règles des uns ne sont pas les mêmes que les autres, les groupes sont indépendants les uns des autres dans la façon dont ils pratiquent et voient la capoeira. A mon sens, la liberté de la capoeira (le fait qu’il n’y ait pas une fédération unique par exemple, avec des règles définies pour tous) est une grande force. La liberté de choix et d’expression fait qu’on retrouve tous types de personnes, de styles, de manière de penser, comme dans la vie. Mais dans certaines situations, elle peut aussi être une faiblesse. Une chose peut être affirmée un jour par une personne qui fait référence, un maître par exemple, et son contraire par un autre maître ou par la même personne quelques années après.  Et c’est parfois déstabilisant.

Les difficultés vont croissantes avec les responsabilités et elles commencent souvent quand on prend la responsabilité de donner des cours car on doit rendre des comptes, on n’est pas tout à fait libre de mener notre barque. Et ce n’est pas toujours facile d’une part de l’accepter et d’autre part de fonctionner avec ces règles de jeu imposées. Et certaines désillusions font parfois très mal.

Personnellement, je suis passée par diverses phases. Mais je suis restée très « naïve » assez longtemps en fait, et même si j’ai eu ma dose de désillusions, les prises de consciences ont été très progressives.

Pour ce qui est de mes difficultés personnellement et plus concrètement :

  • Ce qui était un peu particulier dans mon parcours et qui a fait aussi que j’avais, dès le début, une certaine indépendance (j’ai monté mon association culturelle avant de savoir que j’allais donner des cours et sans avoir cet objectif d’ailleurs), c’est que mon maître n’était pas à Lyon et que même étant encore élève, je m’entraînais avec un autre professeur du groupe que lui-même avait fait venir, Mestre Chao, qui a créé sa propre association. Une fois gradée, j’ai continué avec Mestre Sorriso (qui venait deux à trois fois dans la saison pour les stage et le batizado comme c’est encore le cas aujourd’hui).

Cependant, si cela a été un avantage pour développer mon travail (sans que je m’en rende compte à l’époque) c’était souvent un poids car je n’avais pas de « collègue » de travail avec qui partager les cours  ou pour me faire remplacer, échanger et monter des projets communs ou tout simplement m’entraîner en dehors des cours classiques. Après, il est important de comprendre aussi que ce sont ces mêmes difficultés qui nous poussent à trouver des solutions, à créer et à trouver notre place dans ce grand jeu.

Au tout début, je sais que le fait d’être d’emblée (et avant même mon baptême) responsable de la gestion et des entraînements et savoir que je servais d’exemple, cela  me donnait le sentiment d’une obligation de toujours bien faire et je pense que ça m’a pas mal bloqué, moi qui avait déjà un peu de mal à lâcher prise. J’ai eu le sentiment pendant des années de devoir toujours bien faire et du coup, il est plus difficile d’oser et de faire  sans se poser de question tout simplement.

J’ai aussi eu quelques problèmes sérieux au dos qui m’ont à la fois empêché de pratiquer tout mouvement de capoeira pendant plus d’un an (quand je passais ma corde orange) et rendaient la suite de ma pratique incertaine. C’était très dur de devoir être présente à chaque cours sans pouvoir faire le moindre mouvement, mais cette période a aussi été l’occasion de travailler à la publication de mon livre. Mon grand regret a été de ne pas pouvoir m’entraîner à tous les mouvements acrobatiques.

En même temps, les années de rééducation m’ont appris beaucoup sur la physiologie et les postures ou mouvements à faire ou non, les techniques d’échauffements et les étirements (pas toujours adaptés physiologiquement dans la pratique de la capoeira pour la longévité des pratiquants). Et au final m’ont bien servi pour mes débuts de professeur.

Autre point un peu tabou : en tant qu’étranger(e), non brésilien/ne, il est plus difficile d’être accepté comme égal des capoeiristes et professeurs brésiliens. C’est un fait! Même si certains ont du mal à le reconnaître. Je fais partie de la première génération de gradés non brésiliens. C’est sûr, on n’a pas vécu la capoeira dès l’enfance (on a tous commencé adultes pour ceux qui ont trente ans et plus), on ne l’a pas vécu dans notre pays d’origine avec le dynamisme, la compréhension culturelle naturelle… Donc oui, il y a une différence, mais il y a une force dans la capoeira qui amène les passionnés à une implication totale, et tous ceux qui sont arrivés à des grades de professeurs il y a quelques années déjà l’ont obtenu par une grande implication, en lui dédiant beaucoup de leur temps et d’eux-mêmes. Et leur chemin peut devenir une force aussi pour développer cet art dans leur pays, tout en servant la culture brésilienne.

Et de manière générale, je pense qu’une part des capoeiristes brésliens n’a pas vraiment (jusqu’à il y a quelques années) pris tellement au sérieux le développement et l’avancée des capoeiristes étrangers, qu’il n’y a pas eu d’anticipation, notamment de la part des maîtres, pour la formation des gradés plus avancés et sur le long terme.

Les maîtres ont une grande responsabilité pour faire en sorte que la capoeira de demain (tout en suivant son évolution et en s’adaptant comme elle l’a toujours fait) soit à la hauteur de ce qu’elle EST.

Ensuite, en tant que femme ! C’est le 2ème effet kiss cool-(pour ceux qui connaissent la pub). Ce que j’ai observé au Brésil notamment chez beaucoup de femmes capoeiristes, c’est que jusqu’à récemment, il semble que pour continuer et avancer, elles passaient par une certaine « masculinisation ». Pour être présente dans les rodas, s’imposer et gagner puis garder une position, elles devaient surement en faire au minimum deux fois plus, mais aussi devenir réellement guerrière, forte physiquement et adoptant en quelque sorte la manière de jouer des hommes.

Je pense qu’avec l’internationalisation de la capoeira et l’évolution (très lente) de la société et des mentalités, les choses changent progressivement, lentement mais sûrement.

Les premières années, les femmes sont souvent nombreuses dans la pratique,  puis se raréfient. Mais désormais, un peu partout en Europe, le nombre de femmes prenant des grades de professeurs (cordes vertes et violettes chez Senzala) et travaillant avec la capoeira augmente clairement.

Je pense que la difficulté pour toutes les femmes est une prise de confiance suffisante pour se penser elles-mêmes égales aux hommes dans la capoeira et ce dans leur manière propre d’être, sans comparaison. Elles ont leur touche à apporter. Oser être et faire l’expérience en proposant des pédagogies, approches, ou manière d’être originales n’est pas une évidence.

Etre une femme dans la capoeira est à mon sens une difficulté à transformer en force comme toutes les autres difficultés que chacun peut rencontrer. Et les femmes dans la capoeira font partie du présent mais surtout de l’avenir, elles ont un rôle à jouer.

Quels ont été les moments forts de ton parcours?

La sortie de mon livre : avec une « confrontation » au public. Je n’ai jamais aimé être face à un public et en sortant le livre je savais que je devrai « affronter » cette appréhension. J’ai même fait une formation de technique de l’oral à cette période. Les premières conférences ont été laborieuses, mais au final, j’y prenais du plaisir et ça se passait toujours bien.

Quand j’ai commencé à enseigner. J’avais du mal à y croire. Et là aussi, on est face à un groupe et on en est responsable, on se doit d’avancer pour nous-mêmes et pour nos élèves, mais j’ai toujours aimé cela, même si parfois je doutais de mes capacités.

La sortie du film Vida de Mandingueiro : il a fallu cinq bonnes années entre la première écriture et la réalisation finale, mais il a vu le jour en 2006 et c’est une grande fierté qu’on soit allé avec Mathias jusqu’au bout de ce qui a été une vraie aventure. (réal. Mathias Monarque alias prof. Play)

Quand j’ai débuté des cours pour les tout-petits, de 3 à 5 ans en 2008. Les enfants nous enseignent beaucoup et enseigner aux enfants de 3 et 4 ans était un vrai défi car cela demandait de créer sans cesse et de s’adapter continuellement. On apprend beaucoup avec les jeunes enfants et j’ai aujourd’hui une majorité de cours enfants dont près d’une quarantaine d’élèves de moins de 6 ans. J’adore.

Quelles ont été les erreurs que tu as faites sur le chemin?

Je ne crois pas avoir fait d’erreur de choix fondamental. J’ai suivi ce qui semblait être un bon chemin pour moi et ça a commencé avec mon premier départ au Brésil. J’essaie au mieux de suivre mon inspiration et ce qui me semble juste. Mais on est parfois rattrapé par l’envie de bien faire et de ne pas déplaire, par la peur parfois de ne pas en faire assez et au final, on se laisse influencer, ou on perd en partie confiance dans ce qu’on fait ou doit faire. On se laisse par exemple dicter la juste attitude.

J’ai surement fait des erreurs notamment dans l’organisation de mon travail au sein de l’association car il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte, du renouveau et des situations qui se présentent et qu’il faut gérer, être présent et sans faille. Parfois savoir être ferme en posant les règles (ce que je n’ai pas toujours su faire) et d’autres fois au contraire, savoir entendre les remarques, être plus souple et accepter de ne pas tout contrôler. Et la gestion de l’humain au milieu de tout ça, c’est toute une diplomatie, une analyse de situation qui n’est pas innée, qui s’apprend avec l’expérience. Alors, il y a des choses que j’organiserai autrement si je retournai en arrière mais en même temps je n’ai aucun regret car j’essaie toujours d’en tirer un enseignement, de comprendre pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.

J’étais très admirative de certains maîtres ou prof  dans les cours et les discours qui pour moi dans le ressenti vécu sur le moment, tant ce que ça faisait vibrer en moi était fort. Et puis l’humain fait que parfois, entre le dire et le faire il y a un fossé et ça fait naître des désillusions. Mais là encore on apprend, et on apprend notamment à aimer au-delà des « défauts » (en les acceptant, en faisant avec), parfois, quand l’incompatibilité est totale, à mettre de côté et poursuivre son chemin autrement.

J’ai longtemps cru à certains beaux discours et diverses désillusions m’ont fait admettre qu’il est préférable de se baser sur ce qui est fait et non pas sur ce qui est dit par les uns et les autres. Mais bien sûr, on traite de l’humain, et on a tous nos atouts et nos failles. Le tout est d’accepter. Plus facile à dire qu’à faire, bien sûr !

Quelles sont tes forces dans la capoeira?

Aujourd’hui, je répondrai en premier lieu mes élèves ! Clairement et principalement. C’est à eux que je pense en premier aujourd’hui et sans eux et leur soutien j’aurais sûrement déjà arrêté. C’est parfois incroyable pour moi de voir que toutes ces familles me font confiance et me suivent depuis près de  10 ans pour certains. Le soutien des élèves est essentiel et quand on se sent moins fort ou qu’on doute, sans leur présence et leur enthousiasme ça devient encore plus difficile.

Les amitiés que le temps fait naître aussi sont importantes et nous rendent plus fort.

Mon parcours aussi dans la recherche et l’écriture (à laquelle je vais revenir très certainement), m’a aidé et m’offre certaines perspectives aussi.

D’après toi, l’image de la femme dans la capoeira a-t-elle évolué comparé à tes débuts ? Si oui de quelle manière?

Sûrement ! Simplement du fait qu’elles sont plus nombreuses aujourd’hui et prennent du grade ! Après, le changement se fait très lentement à mon sens et c’est toujours compliqué de généraliser. La capoeira est partout aujourd’hui, pratiquée par des personnes de toutes les cultures. Les capoeiristes brésiliens, en vivant à l’étranger, apprennent aussi à voir les choses différemment et ça contribue sûrement aussi à une évolution. Mais y’a encore du chemin à faire. Il suffit de regarder la place de la femme et l’évolution dans la société aujourd’hui ! La capoeira est juste un reflet. J’ai cependant noté qu’il y avait souvent une plus grande présence féminine chez les angoleiros, notamment dans les baterias, au berimbau et au chant par exemple. Ce n’est qu’une observation, pas une analyse.
As-tu d’autres projets artistiques en vue?

Oh oui, mais je dois maintenant concrétiser. Une chose après l’autre et j’en parlerai en temps voulu 😉

Qu’a tu ressentis le week-end dernier lorsque tu as reçu cette distinction? Peux-tu revenir un peu sur ce moment et nous faire partager tes émotions/sensations/interrogations?

J’ai été très heureuse de la surprise de la présence de l’historien  Mestre Liberac et de pouvoir jouer avec lui et sa canne ! Un certain nombre de personnes, de mestres présents étaient aussi présents il y a 20 ans à mon baptême et j’en étais très heureuse. Mais pour moi ce qui compte au final c’est toute cette période que je vis à présent. Octobre 2016 marque pour moi la 20ème année de découverte de la ginga et de cet art de la capoeira. C’est à la fois l’occasion de regarder en arrière et de voir qu’il y a eu un peu de chemin de fait (et je te remercie de m’aider à le faire en me donnant la parole avec cette interview) et à la fois une motivation pour préparer tout ce qui est à faire.

Mes interrogations ont changées depuis un an environ. Je ne me pose plus la question désormais de savoir si je vais continuer ou non ce travail à temps plein, mais comment continuer pour le mieux et faire les meilleurs choix pour les mises en place futures. Définir quelles sont les priorités.

Était-ce un de tes objectifs de départ?

Non, comme je le disais, je n’ai jamais eu cet objectif. Je ne me posais pas cette question, enfin, pas de cette façon. C’est l’avancer du travail, des cours, des projets et le plaisir que j’y trouvais qui m’a porté jusque là.

Quels sont à présents les nouveaux challenges qui t’attendent ?

Les mêmes en fait. Le passage de corde ne marque pas pour moi un changement radical. Il valide le chemin accompli, reconnu par mon maître et le groupe. Mais tout reste à faire comme toujours. Le challenge est toujours d’avancer aujourd’hui avec mes élèves pour développer ce qui existent et grandir en apprenant ensemble. Rien n’est jamais acquis dans ce qu’on fait et pour en vivre, on ne peut pas se relâcher. J’ai des envies au-delà des cours, mais je dois effectivement faire des choix car tout ne peut pas être fait en même temps.
Tu es aussi maman d’un petit garçon (Yomi, trop chou). Comment t’organises-tu pour gérer tes journées de maman-capoeiriste ?

C’est une gestion du quotidien, avec une nounou trois soirs par semaine et un petit garçon qui m’accompagne régulièrement aux cours. Mais je pense que j’ai beaucoup de chance car jusqu’à présent, les solutions se sont toujours présentées pour que les mises en place de mon travail soit possibles. On court souvent on partage aussi ça ensemble.
Qu’essaies-tu de transmettre à Yomi dans son apprentissage de la capoeira?

A vrai dire, je ne lui fais pas de cours particulier. Mais on chante souvent à la maison et il a ses instruments depuis tout petit. Après, pour moi c’est tout un ensemble, un milieu, et c’est aussi sa culture. J’essaie de lui transmettre un peu le portugais, les histoires enfantines du Brésil, de créer parfois des chansons avec lui, et que ça reste toujours un jeu, un amusement pour le plaisir. Qu’il soit présent régulièrement dans les événements, avec les capoeiristes et leurs enfants aussi, qu’il se fasse plaisir avec tout ça J
Beaucoup de femmes arrêtent la capoeira lorsqu’elles ont un/des enfant(s). Qu’est-ce qui a fait que tu as continué? As-tu eu des moments de doutes et quels conseils donnerais-tu à celles qui hésitent à continuer la capoeira ?

Bon, pour ma part, avec ou sans enfants, les moments de doutes ont existé ! J’ai eu mon fils alors que je vivais déjà de la capoeira, que j’avais déjà beaucoup d’élèves et que c’était ma source de revenu. Ca fait donc une sacrée différence ! Je conçois que l’on mette entre parenthèse sa pratique de la capoeira quand celle-ci n’est pas sa profession et qu’on a un enfant. Un bébé ou jeune enfant reste une priorité et si en plus on travaille, ce n’est pas évident.

Je pense qu’il y a deux facteurs essentiels déterminants : d’abord, à quel moment de notre parcours on a un enfant (et on décroche plus vite si on n’est pas encore capoeira-dépendant 😉 et ensuite, si on a le soutien ou non de son conjoint. Pour aller au cours comme pour l’ensemble de la vie de famille. Bref, c’est forcément plus compliquer pour une femme mais pas impossible non plus. Et souvent si on est déterminée, on trouve des solutions, même si il y a des temps de pause.

A quel moment as-tu su que la capoeira serait ton métier ?

Je ne sais pas, c’est mon métier aujourd’hui. J’en doutais encore il y a peu ! Je me suis laissé des portes de sorties en continuant de me former encore en 2015 pour travailler notamment avec les enfants mais pas seulement de capoeira. J’espère que je n’aurais pas à faire autre chose mais je ne le redoute pas non plus si cela devait arriver et je garde en tête que tout peut toujours être remis en cause. L’équilibre est fragile. Cependant, je suis confiante.

D’après toi, une femme doit jouer différemment d’un homme dans une roda ?

La meilleure manière de jouer, de se comporter, c’est la sienne. Sans chercher à imiter ou à se comparer. Le souci c’est qu’être soi dans la société dans laquelle nous vivons, c’est à mon sens un défi, le défi principal d’aujourd’hui, pour la majorité des gens. Ceux qui ont réussi à faire ce qu’ils souhaitaient dans la vie, à « se réaliser » comme on dit sont une minorité et ce n’est pas juste, ce n’est pas ce qui doit être en toute logique. Mais le réveil des consciences fait que de plus en plus de personnes cherchent à vivre ce qu’elles choisissent de vivre. Etre soit indépendamment de tout critère, voilà ce que je pense que nous devons chercher à faire.

Et dans la capoeira aussi. Chercher à ressembler à quelqu’un d’autre d’une manière générale n’est pas ce à quoi on aspire.

Alors non, je ne crois évidemment pas qu’une femme doit jouer comme un homme, mais trouver son style, sa façon de s’exprimer, comme tout le monde.

Par contre, elle ne doit pas attendre qu’on lui fasse des « cadeaux » non plus.

Les femmes et les hommes sont physiologiquement différents. On a quelques atouts (la finesse peut-être, la souplesse pour la plupart mais aussi une certaine force mentale qui peut manquer parfois aux hommes), mais nous ne sommes pas égales aux hommes face à la force physique et la vélocité par exemple et l’accepter n’est pas forcément évident. Mais c’est pourtant comme ça et ça n’enlève absolument rien à la force et la beauté de leur jeu. Les femmes peuvent aussi avoir une détermination à toute épreuve si elles sont mises en confiance, et pour faire un parallèle avec la société encore une fois, c’est peut-être bien pour ça que beaucoup d’hommes ne souhaitent pas franchement qu’elles prennent totalement confiance !

Quelles sont les qualités qu’une femme doit avoir pour être une bonne capoeiriste?

D’abord, c’est quoi être un bon capoeiriste ? Il y a sûrement autant de réponses que de capoeiristes. Homme ou femme, ce sont les mêmes mais pour moi, ce sont les qualités humaines d’abord : humilité, détermination et persévérance, le respect de l’autre et de soi. Et puis pour ce qui est plus précisément dans le jeu, je dirai :

  • la capacité d’observation et d’analyse dans le moment présent,
  • être capable d’accepter ce qui vient et de « faire avec » (le fameux « lâcher prise »)
  • Développer ses sensations, face à l’autre et de soi-même, pour agir au mieux
  • Et s’entraîner toujours, pour améliorer les possibilités et les options physiques, développer des possibilités de surprendre l’autre dans le jeu ou dans le chant aussi.

Et c’est en fait bien plus si on y réfléchie. La capoeira est tout un monde. Il y a toujours une connaissance ou expérience à gagner, dans chaque jeu, dans chaque cours donné ou reçu. (« é tudo o que a boca come ! »  comme disait Mestre Pastinha).

Combien d’heures par semaine te consacres-tu à la capoeira ?

En nombre d’heures de cours hebdomadaire, je peux répondre : j’ai 15h par semaine, après, franchement, je ne sais pas quantifier !
As-tu déjà participé à des évènements capoeira 100% féminin? Quel est ton regard sur ce type d’évènements ?

Oui j’ai déjà participé à quelques-uns. Personnellement, je n’ai jamais ressenti l’envie d’en  organiser un. Il y a quelque chose qui me dérange un peu, comme si on s’avouait que quand même, on a le droit d’être là et on se fait notre place rien qu’à nous ! Ceci dit, je comprends celles qui souhaitent le faire mais cela signifie clairement que tant que cette nécessité se fera sentir, c’est qu’il y aura un déséquilibre et un manque de place réelle pour la femme dans la capoeira.

Quel est ton plus grand rêve pour toi et pour la capoeira ?

La capoeira n’a pas besoin de rêve à mon sens. Le fait qu’elle soit là aujourd’hui, telle qu’elle existe, était au-delà de tous les rêves imaginables il y a quelques décennies seulement ! Alors qu’elle continue surtout à nous alimenter et nous surprendre dans le bon sens.

Pour moi, comme je n’aurais pas pu imaginer ou rêver être où j’en suis aujourd’hui sur ce chemin de capoeira, je fais désormais confiance et mon aspiration est de grandir suffisamment pour me réaliser complètement, sereinement en partageant un maximum de bons moments au passage avec ceux que je croiserai. Je ne mets pas d’images particulières sur le tableau, je préfère me laisser surprendre encore !

Quel message donnerais-tu aux capoeiristes qui liront cette interview ?

Soyez vous-mêmes, aimez ce que vous faite et faites ce que vous aimez. Cherchez toujours à apprendre sans vous mettre (ou accepter) des barrières qu’on vous montre ou vous impose. C’est le plus grand cadeau que vous vous ferez. Le monde est vaste alors n’acceptez pas les œillères. La capoeira, comme le monde, a besoin de personnes entières et vraies.

Elle offre des horizons formidables, de belles rencontres, du renouveau en permanence, mais tout n’est pas rose non plus et il faut l’accepter, et savoir faire les meilleurs choix pour soi-même. L’attitude de chacun fait la différence, mais ça demande souvent aussi du courage.

Que peut-on te souhaiter pour la suite?

D’être dans la roda jusqu’au bout, de découvrir, d’apprendre et d’aimer davantage chaque année à travers cette expérience. Et de réaliser au moins une partie des idées et projets qui me viennent. D’avoir plein d’inspiration, de créativité et d’expériences à partager, bref de vivre la capoeira et la vie « tout shuss » et sereinement. Rien que ça ! Ca fait beaucoup ? Non, allez, je valide 🙂

Comment faire pour entrer en contact avec toi?

http://www.gingando-capoeira-lyon.com

asso.gingando@gmail.com

FB : covinhasenzala

 

Merci Covinha!

RDV l’année prochaine pour de nouvelles aventures

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DIY: Collier-plastron de maculelê

Ca y est les cours reprennent tout doucement, une nouvelle année s’annonce et avec elle ses indispensables démo pour faire connaitre la capoeira et son univers.

Je vous propose cette semaine un petit tuto très facile  réaliser pour faire sensation lors de vos futurs spectacles

En plus si je vous dis que ce tuto ne vous coutera presque rien c’est encore mieux non ? 🙂

Pour réaliser ce tuto il vous faudra :

-1 pelote de raphia (naturelle ou colorée) entre 1 et 2,5€

-Environ 60 cm d’arame. On a tous un reste de corde de berim cassée dont on ne sait jamais quoi faire ; et bien c’est parfait !

-Du fil et une aiguille

-Quelques plumes ou une bande de tissu « tribal » d’environ 20 cm pour la customisation

On y va!

Prendre la corde et faire 1 petite boucle à chaque extrémité (même boucle que celle sur la corde de berim)

Défaire la pelote de raphia (on se retrouve alors avec quelques dizaines de fils séparés). Prendre un fil et le rabattre sur lui-même. Faire passer la boucle sur la corde et bien resserrer à la base.

LipstickCapoeira5

Recommencer ainsi tout le long de la corde jusqu’à arriver au boucles. C’est un petit peu long soyez patientes 🙂

Pour la customisation :

Plumes : Prendre la base de la plume (la tige),  une très fine aiguille et du fil de pêche. A l’aide de l’aiguille, faire passer le fil dans la tige et accrocher le fil sur la l’arame au niveau du centre du collier (attention, les tiges des plumes sont très fragiles). Vous pouvez lester le fil en enfilant quelques perles le long de celui-ci  jusqu’à la base du collier.

Lipstickcapoeira1

Tissu : Prendre un rectangle de tissu tribal de la longueur du raphia de votre collier (environ 20cm long sur 8cm de large). Replier 1cm de tissu à la base du collier et coudre les 2 bouts de tissus et le raphia ensemble.

On peut aussi customiser avec de grosses perles ou des cauris

 

Pour fermer le collier plastron, joindre les 2 boucles avec un fil de raphia (ou une petite cordelette)

Et voilààààààà  🙂

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Sou eu , sou eu , sou eu Maculelê sou eu!

 

Effet garantie en show !!! A vous de jouer!

Bonne semaine les guerrières

APPRENDRE LE BRÉSILIEN : mes conseils

En ce début de rentrée capoeira  plusieurs d’entre vous m’ont demandé comment j’avais appris le brésilien  et quels sont mes conseils pour s’y mettre enfin, alors c’est parti !

LipstickCapoeira-Meme Ted

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles on ne s’y est pas encore mis malgré nos années de pratique de la capoeira:

– « C’est trop compliqué, jsuis nulle en langue/mon accent est pourri »

« J’ai pas le temps, y’a déjà trop de trucs à assimiler en capoeira »

« J’ai pas envie, jfais de la capoeira pour jouer dans la roda, le reste j’m’en fiche un peu »

– « J’essaye mais je n’y arrive pas »

« De toute façon je ne chante pas dans la roda, donc j’en ai pas besoin » ( ><)

…..

OK, pour beaucoup le brésilien n’est pas une langue familière et quand on commence la capoeira, autant le dire: on ne comprend rien aux noms des mouvements, pas vrai ? Quant aux refrains des chansons… n’en parlons même pas !

Honnêtement, combien de nous ont chanté des refrains en phonétique sans vraiment comprendre  un seul mot ? Combien de fois avons-nous  entendu la chanson Paranauê, transformée en Bananauê ? Ou encore fameux le coup de pied « apou diaraï » au lieu de rabo de arraia ? 😉

Et si on profitait de cette rentrée pour se motiver et travailler un peu notre niveau en brésilien,  OK ? Alors on y va ! Plusieurs options possibles, je vous propose celles-ci:

les chansons : Perso, c’est comme ça que j’ai commencé à apprendre le brésilien. J’étais frustrée de chanter des chansons dont je ne connaissais pas le sens alors chaque fois que voulais apprendre une chanson, je la traduisais en totalité avant. Résultat, même si je ne comprenais pas 100% des mots (parfois il y a des expressions qui ne sont pas forcément compréhensibles quand on débute et qu’on n’est pas familier avec le brésilien), j’en avais le sens à 90% et ça me suffisait pour me motiver à l’apprendre. Du coup en traduisant les chansons j’emmagasinais beaucoup de vocabulaire et de structure de phrase sans effort ! A cette époque (il y a 14ans déjà), il n’y avait pas de blogs de capoeira qui traduisaient les paroles, du coup ça me forçait à faire l’exercice moi-même et ainsi retenir  beaucoup plus facilement que lorsque tout est pré-mâché. Je faisais aussi la même chose avec les noms des mouvements  de la capoeira, je les traduisais et ça donnait ainsi plus de sens au mouvement que je faisais car j’avais l’image mentale en tête.

Avantage : on est directement dans l’univers de la capoeira

Inconvénient : on reste dans l’histoire de la capoeira

 

Internet : Tout est accessible sur internet !!! Il n’y a qu’à taper « apprendre le brésilien/portugais) sur youtube et vous avez des dizaines de vidéos (une petite très basique qui vous fera apprendre rapidement des mots /phrases très utiles  ICI  ou encore cette youtubeuse paulista qui a vecu quelques mois en France et qui à son retour au Brésil  a créé sa chaine youtube « apprendre le brésilien »

 

Avantage: on a la prononciation sonore, y’a qu’à répéter pour travailler l’accent.

Inconvénient: On peut vite se noyer dans l’information et les quantités de vidéos.  Il faut choisir les bonnes vidéos.

 

Les livres: Les livres et autres méthodes d’apprentissage sont nombreux en librairie. Conseil : Prenez-en un pour le brésilien (et pas le portugais), pas trop gros pour ne pas se démotiver au bout de la 3eme séance. Certains sont spécifiques aux voyageurs pour avoir le B.A-BA une fois sur place (« Le Brésilien tout de suite » est celui que j’avais acheté lors de mon 1er voyage au Brésil),  certains sont plus sur le long terme avec souvent 1 audio pour chaque leçon.

Avantage: On apprend la grammaire et les structures des phrases. On peut le glisser dans son sac et l’ouvrir à la pause déj’.

Inconvénient: Peut  parfois être trop scolaire et rébarbatif, donc bien feuilleter avant ou regarder les avis sur internet.

 

Les communautés brésiliennes: Les communautés brésiliennes (souvent composées d’étudiants, de post-doc ou d’ingénieurs fraichement débarqués) sont présentes dans de nombreuses villes en France. Il suffit de chercher sur Facebook où des dizaines de communautés brésiliennes ont leur page. Ils organisent souvent des rencontres, churrasco(BBQ), partie de foot, session musique, soirée…). L’occasion parfaite de se mêler à eux pour partager cette culture et apprendre, sans s’en apercevoir, les rudiments de la langue. Puis, après avoir brisé la glace n’hésitez pas à envoyer des  MP pour leur proposer de parler franco/brésilien de temps en temps autour d’un verre, c’est gagnant-gagnant pour tous et en plus vous vous ferez de nouveaux amis.

Avantage: on baigne direct dans l’ambiance

Inconvénient: il faut faire la démarche de se bouger et de rencontrer des inconnus

 

Un cours de brésilien à la capo: Dans beaucoup de groupe de capoeira il y a souvent des lusophones ou des élèves gradés qui maitrisent le brésilien. Pourquoi ne pas monter un cours de brésilien (ou à défaut, de portugais) avec un petit groupe d’élèves motivés ? Votre prof de capo pourrait même, peut-être, proposer  ces cours si son agenda le permet. En semaine, le week-end, avant ou après l’entrainement, le choix est vaste. Ça peut être aussi l’occasion de mieux connaitre les personnes avec qui on passe tant de temps à l’entrainement. Se réunir chez l’un, chez l’autre et faire un cours-apéro pour joindre l’utile à l’agréable.

Avantages: On se connait et on est tous dans la même galère donc les barrières sautent.

Inconvénient: Trouver un créneau qui convienne. Le groupe ne peut pas être trop gros et l’apéro ne doit pas (trop) s’éterniser 🙂

 

Le voyage au Brésil: Le meilleur moyen pour progresser ? Se jeter dans le bain et y aller à fond ! C’est (avec les chansons) le moyen qui m’a permis de vraiment débloquer mon oral et d’être fluente aujourd’hui. La première fois que je suis allé au Brésil, ça faisait à peine un an que je faisais de la capoeira. Mon groupe avait organisé un voyage découverte en 2004, pour faire connaitre aux élèves (nous étions une quinzaine à partir) le Brésil, l’histoire du groupe et la capoeira dans le pays. On a passé 1 mois entre Rio, le Minas Gerais et Salvador. C’était mystique ! Et bien que nous sommes partis en groupe, il y avait toujours des moments où on se retrouvait tout seul à demander son chemin, acheter des timbres, commander un suco etc… J’ai A-DO-Ré ce voyage au Brésil,  si bien que je suis partie seule, sac au dos pendant 3 mois l’année suivante et une dizaine d’autres fois par la suite 🙂

Avantage: On apprend énormément en live ! La culture, la langue, les us-et-coutume, on vit la vie locale. Les brésiliens sont très chaleureux et ils vous aident et vous renseignent volontiers. On sort  de sa zone de confort et c’est comme ça qu’on progresse !

Inconvénient: Le budget ! Mais tout se planifie et rien n’est impossible !!!

 LipstickCapoeira brasil

Une fois que vous serez un peu plus a l’aise avec la l’oral, n’hésitez pas à regarder de temps en temps les chaines de télé brésiliennes à l’heure des infos ou des novelas pour enrichir votre vocabulaire et améliorer votre accent. Pour celles et ceux qui on la Freebox, les chaines  Record News et Record Internacional sont dispo gratos.

En résumé, pour apprendre le brésilien il suffit : 1/ de le vouloir vraiment et 2/ passer à l’action.

La bonne dose ? A vous de voir en fonction de vos progrès, d’ailleurs plus vous progresserez plus vous aurez envie d’en apprendre plus.

On peut difficilement avancer dans la capoeira sans avoir quelques bases en brésilien car en plus de la pratique à proprement parler, une chose qui est très importante également est ce qu’on appelle la « convivencia », autrement dit le temps partagé avec d’autres capoeiristes plus expérimentés ou encore avec les vieux Mestres de l’ancienne époque (« les sages de la capoeira » comme on les appellent affectueusement) afin d’échanger avec eux ou simplement écouter les nombreuses histoires qu’ils ont à raconter sur l’époque où ils ont commencé la capoeira, l’évolution de celle-ci, leurs anecdotes, leurs conseils… ces temps d’échanges et de « vie » auprès d’eux sont infiniment précieux pour notre parcours et notre apprentissage de la capoeira.

On ne devient pas bilingue en 3 mois c’est sûr, mais comme à la capoeira, petit à petit en répétant, en travaillant et en restant motiver, on arrivera à faire d’énormes progrès !

En écrivant ce post il me vient l’idée, si cela vous intéresse, de faire un audio hebdo d’une minute sur une expression/ un mot/une tournure de phrase typique du Brésil (ou de l’univers de la capoeira) et expliquer la signification. Ainsi, en plus d’apprendre le brésilien, vous connaitrez les expressions et  mots typiques et/ou familier qui ne sont pas dans les cours classiques. Si cela vous dit, laissez-moi un commentaire sur la page Facebook de Lipstick ou sur Instagram avec vos suggestions.

Desejo a vocês uma linda semana e até breve pra mais um post no blog !

Um Beijo guerreiras !

Bonne rentrée capoeira à toutes et tous!!!

Ca y est c’est la rentrée ! Les gymnases rouvrent petit à petit, les uniformes sentent bon la lessive, bien rangés dans l’armoire, le matériel et les instrus sont dépoussiérés et prêts à être utilisé sans ménagement. Et c’est reparti pour une année d’entrainement, de sueur, de course pour arriver à l’heure aux cours, de stages en tous genre (car cette année on est encore plus motivée que l’an passé pour participer à des évènements !).

On a refait le stock de strap et de voltarene, on a revu sa playlist « capo » qu’on écoutera dans les embouteillages pour se mettre déjà dans l’ambiance du cours, on a pris ses dispositions pour se libérer 1, 2 ou 3 soirs d’entrainements : on a booké la nounou, on s’est arrangé avec le boss au boulot, et prévenu les potes que ce n’était même pas la peine de vous proposer un apéro ces soirs-là.

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Cette année, comme chaque année, on va connaitre des nouveaux élèves débutants qui nous replongeront dans nos propres souvenirs de débutantes, quand on passait la porte du gymnase en se demandant ce qu’on allait bien pouvoir arriver à faire. Restant hypnotisée en voyant déjà les « grands » s’échauffer pour des macaco, piao de mao et autres mouvements désespérants pour quelqu’un qui arrive à peine à faire une roue.

Cette année encore on accueillera de nouveaux élèves, avancés et « de passage » dans notre ville pour des raisons universitaires ou professionnelles et qui ont choisis notre groupe pour continuer à s’entrainer.

On ira aussi boire des coups, après l’entrainement, pour se refaire le cours, se parler des dernières vidéos capo du net, de la session musique organisée le week-end prochain chez machin, de la prochaine soirée brésilienne qui s’annonce.

Cette année, on s’est aussi donné des objectifs, des missions, des paris avec soi-même « allez, c’est décidé, j’apprends à jouer du berim » « cette année je lance une chanson dans la roda » , « j’ai 8 mois pour m’entrainer à l’aù sem mao/salto/Sdobrado… que je placerai dans une roda avant la fin de l’année ! » etc…

lipstick capoeira

On s’endormira en se repassant nos jeux dans roda du jour en se disant : « arg, sur cette attaque j’aurais pu contre attaquer avec une finta/armada/martelo » ou « ‘tain, cette rasteira jl’ai pas vu venir, jsuis deg ! » ou encore « mon ciseau était parfait ! » ou « merde, pourquoi j’ai pas penser à faire cette accro à ce moment-là, ça aurait été stylé ! » et on s’endormira heureuse, un petit sourire en coin, déjà impatiente d’être à la prochaine roda! 🙂

Très bonne rentrée à toutes et tous !

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Brésil: Mon Rio à moi (Part 1)

Pour inaugurer cette rubrique voyage, il était bien normal de commencer cette découverte par un endroit que je connais assez bien (pour y être allé une petite dizaine de fois déjà) : Le Brésil. Et en particulier une ville que j’aime beaucoup pour son dynamisme et son art de vivre : RIO DE JANEIRO !

Alors je ne vais pas vous recracher ce que vous pourrez trouver dans le routard ou le trip advisor mais vous parler plutôt des endroits que je connais et où les cariocas ont l’habitude de se retrouver.

Mais avant tout: Les incontournables pour un 1er voyage :

Le Christ Rédempteur-O Cordovado of course ! C’est toujours blindé de monde mais le panorama est impressionnant. A faire dans les 1ers jours pour avoir une idée de la taille de la ville et commencer à se repérer.

Rio la belle

Rio la belle

Le Pain de Sucre-Pao de açucar : Accessible en téléphérique (une alternative au Corcovado si on ne peut pas se permettre les 2).

Copacabana : Pour le style et pouvoir dire dans une conversation : « Copacabana ? C’est tellement surfait ! » (lol) . Ceci étant dit, à part son nom mythique, cette plage, elle n’a rien d’exceptionnel pour les carioca.

L’Arpoador : Pointe rocheuse qui délimite les quartiers (et donc les plages) de Copacabana et Ipanema, c’est un passage obligé pour admirer le coucher de soleil !

Maracana : Stade de foot mythique, payez vous un billet pour voir l’ambiance d’un match Botafogo/Fluminense. Perso, les seules fois ou je suis entré dans cet endroit c’était pour …. faire de la capoeira et même à vide, ce stade est quand même impressionnant J

Floresta da Tijuca -Foret de Tijuca : Plus qu’une forêt c’est une mini jungle et dit-on la plus grande foret urbaine au monde. Je me souviens de pas mal de fous rires et de souvenirs avec des potes pendant cette rando où on a pu voir des singes et des grosses bébêtes. Arbres géants et cascades cachées, vous ne pouvez pas manquer de prendre un bol d’air au cœur du poumon de Rio !

Tijuca

Tijuca

Et parce que Rio est une ville que j’adore, que je connais bien et où j’y ai pas mal d’ami(e)s , je vous livre ci-dessous :

Mon Rio à moi (Part 1): festif, girly, design, relax, et of course capoeristique, découvrez quelques unes de mes bonnes adresses!

Lapa (by night) C’est un passage obligé pour tester la température des nuits cariocas. Ses arches, ses bars, sa music live dans les rues, son ambiance festive et relax et ses berlingots de caipirinha à glisser dans la poche …. Je vous recommande :

Le Bar da Boa , où vous pourrez écouter de la samba en live la nuit entière .

bar da boa

bar da boa

Le Rio Scenarium : « L’un des 10 meilleurs bars au monde» d’après un journal britannique. A la fois bar, restaurant, discothèque et salle de concert sur 3 étages. Programmation éclectique et live, resto classy et une déco hyper sympa. Renseignez vous sur la prog et les tarifs. Le mieux étant de connaitre des gens qui vous recommanderont une date et vous feront entrer gratos  mais OK c’est difficile à trouver pour un 1er voyage 😉 Un peu « cher » si vous êtes limite niveau budget, mais à faire au moins une fois. http://www.rioscenarium.com.br/novo/

Rio scenarium

Rio scenarium

Le Circo Voador : Pour les concerts je conseille aussi cet endroit où passent de très bon groupes de tous styles. Ambiance très animée http://www.circovoador.com.br/

Circo voador

Circo voador

Joaquina bar restaurant (Rua Voluntários da Pátria, 448 Cobal do Humaitá) Hautement recommandé par mes ami(e)s carioca, ce bar restaurant est très prisé des locaux pour un déjeuner qui s’éternise ou un diner qui tire jusqu’à tard dans la nuit www.joaquinabar.com.br

Joaquina

Joaquina

Baixo Gavea: Rencontre de la jeunesse bobo de Rio (les jeudi et dimanche en particulier), c’est un peu le Lapa de la Zona Sul. Ambiance décontractée, bières à volonté et bars branchés, notamment le BG Bar et autre cafés/bar en plein air.

Mercadao de Madureira :  Mix entre un marché et un centre commercial populaire. En 2014 il a été déclaré Patrimoine Culturel de la ville de Rio de janeiro. Si vous cherchez quelque chose (peu importe quoi) il sera surement à Madureira ! Zona Norte (Prevoyez 1h30 en bus en partant de la Zona Sul)

BiBi Sucos (ou Nectar Sucos ou Big Bi Sucos etc….): Pour tous ceux qui sont déjà allés au Brésil, il y a un avant et un après BiBi Sucos ! Des fruits fraichement pressés devant vous toute la journée. Petit, moyen ou grand format. A déguster avec un pastel ou une coxinha pour grignoter et vous aurez à nouveaux des forces pour le reste de la journée ! Et si le virus du suco vous a pris, en principe vous achetez un blinder de compète dès votre retour en France.Je recommande de tester tous les fruits qui ont un nom bizarre et of couse le fameux suco de Açaï 500ml !!! (Dont je vous parlais déjà ICI )

sucos-Rio

sucos-Rio

Botafogo Praia Shopping : Rien d’extraordinaire dans ce centre commercial si ce n’est la vue de OUF (et gratos !!!) que vous aurez de la véranda panoramique située au 8ème étage. Allez, hop un ptit selfie avec la plage et le Pao de Açucar en fond, juste pour énerver les copines restées en France) http://www.botafogopraiashopping.com.br/card/video-varanda

Vue panoramique

Vue panoramique

Confeitaria Colombo : Une touche de jet set pendant vos vacances de routard ? Allez prendre votre petit déjeuner ou boire un verre dans ce café /restaurant classy située au Fort de Copacabana, vous aurez une vue imprenable sur la mer et le Pao de Açucar ! Service impeccable. http://www.confeitariacolombo.com.br/site/cafe-do-forte/

Confeitaria Colombo

Confeitaria Colombo

Bar do Horto: (Zona Sul-Jardim Botanico) : Pour un verre en extérieur le soir au clair de lune (et des lumières de la ville). Déco un peu chargée mais ambiance très sympa où la jeunesse carioca se rencontre après les cours/travail

Bar do Horto

Bar do Horto

Bar da Urca : Prendre un verre entre amis sur la petite murette face au bar Urca et admirer la vue sur la plage et le Pao de Açucar…. What else ?

Urca

Urca

et voilà la 1ere partie de Mon Rio. Je vous donne RDV très bientôt pour la 2eme partie avec encore plein d’autres endroits à découvrir et des bonnes adresses shopping et Capoeira!

Très bel été à tous!

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5 règles d’or pour voyager en groupe

Rien de tel pour renforcer des liens que de voyager ensemble et partager des expériences et des souvenirs inoubliables et solidifier un groupe. Cependant, le voyage peut vite se transformer en cauchemar si on n’applique pas certaines règles de bonne conduite pour que le voyage tant révé ne se transforme pas en cauchemar :

Comprendre les motivations de chacun : Bon, inutile de faire un sondage si vous partez a 40(quoique), mais comprendre les motivations de chacun permettra d’éviter des tensions. Prenons l’exemple d’un voyage de 2/3 semaines au Brésil : Certains voudront découvrir le plus de lieux possibles, Rio, Iguaçu, Salvador, Belem etc… et donc seront plus préoccuper par leur road trip que par s’imprégner de la vie locale. Certains auront un objectifs type : « faire un max de capoeira » et seront donc d’avantages préoccuper par les horaires et lieux des cours, les rencontres/évènements locaux, les lieux dédiés à la capoeira et parcourir le pays ne sera pas partie de leur attentes. D’autres couche-tard n’auront qu’un mot d’ordre : Faire la fête et profiter des caïpi, des soirées, des shows etc…. Du coup leur rythmes de vie ne sera pas le même que les autres. Certains aussi ne participeront au voyage de groupe uniquement pour bénéficier d’un tarif préférentiel sur les billets d’avion /hôtel et n’ont pas forcément l’instinct grégaire pour suivre le groupe dans ses pérégrination. Bref… il y a moult raisons de prendre part à un voyage de groupe et même si le fond est commun, la forme est souvent très différente.

Savoir faire des compromis : Donc, les motivations sont souvent différentes (opposées ?), aussi, pour profiter quand même de l’intérêt du voyage de groupe et revenir avec de beaux souvenirs communs il faut savoir faire des compromis. Par exemple accepter une idée/un plan qu’on n’avait pas prévu ni pas vraiment envie de faire mais qui pourrait, why not, nous faire découvrir un super endroit, une activité, une découverte. En espérant au passage que la réciproque sera vraie lorsqu’on suggèrera une activité à notre tour.

S’aménager un temps à soi : Pour peu que l’on partage une chambre d’hôtel/auberge par soucis d’économie, il ne reste plus trop de moment où s’isoler un peu (à part aux toilettes mais bon, c’est pas top avons le). Au début, dans l’euphorie du voyage et de la découverte du pays rien ne nous dérange et on est ravis de faire toutes ces découvertes ensemble, chacun faisant l’effort de se montrer sous son meilleur jour. Mais cette euphorie passée et le quotidien aidant, chacun reprend ses automatismes et nous qui pensions avoir un seuil de tolérance plutôt élevé, 3 semaines à l’autre bout du monde avec des gens qu’on pensait connaitre peuvent au final se transformer en voyage sans fin. C’est pourquoi, afin de décompresser et éviter le pétage de plombs, il est essentiel de s’offrir des instants rien que pour soi. Son guide en main, aller faire un marché local tôt le matin, s’esquiver à la découverte d’une plage, d’une place, d’une église ou simplement se réveiller, mettre un peu de son dans ses oreilles, regarder le plafond et respirer profondément pour commencer une belle journée. Aaouuuummmmmm.

Communiquer : Plutôt que de batir des clans et tirer des conclusions hâtives sur un tel ou une telle, pourquoi ne pas éclaircir les choses rapidement avec l’intéressé(e) ? Soit, nous sommes tous différents mais se faire des films dans sa tête sur le pourquoi du comment et emmagasiner des ondes négatives vous gâchera votre voyage. On n’est pas obligé de devenir les meilleurs amis du monde mais on n’est pas non plus dans Koh Lanta où on « lutte pour survivre » (lol)  et prêt à se tirer dans les pattes pour un bout de poisson ou un mot de travers. Vous êtes en mode vacances et un peu de communication ne fera qu’améliorer vos relation.

Rester zen et profiter : Même si on connait les motivations de chacun, qu’on sait faire des compromis et qu’on arrive à trouver du temps pour s’isoler dites vous bien que chacun est différent, les personnes que vous pensiez connaitre parce que vous partager une passion ensemble ne sont ni plus ni moins que des individus à part entière. Les envies/attentes/ réactions/habitudes ne sont pas les mêmes que vous donc inutile de vouloir changer les gens pour qu’ils entrent dans les cases que vous voulez. On ne change pas les gens (et encore moins en quelques semaines), on peut en revanche changer notre façon de réagir à des comportements ou situations qui ne nous plaisent pas.

Donc restez zen et relativiser (dans la mesure du possible) : ce voyage prendra fin à un moment donné donc autant se focaliser sur les bonnes choses et revenir avec pleins de beaux souvenirs en tête.

voyage de groupe

voyage de groupe

En Juin/juillet 2004 j’ai participé au 1er voyage de groupe au Brésil qu’organisait notre asso de capo. Nous étions une bonne quinzaine, partis pour 1 mois, sac au dos, notre bible « apprendre le brésilien en 15 jours » à la main et dans les starting blocks pour découvrir ce fameux Brésil et les racines de notre groupe de capoeira. Au programme de ces 4 semaines: Rio, Minas et Salvador pour une grande partie d’entre nous. Cette expérience a été la meilleure que j’ai vécue en terme de voyage découverte capoeiristique. Des centaines de fou-rires et de situation cocasses (vidéos à l’appui) ont effacé d’un revers de bras les rares tensions qu’il aurait pu y avoir. Nous sommes revenu plus riches culturellement (beaucoup moins riches financièrement 😉 et avons consolidé des liens d’amitiés qui, 11 ans après, persistent toujours. Comme quoi, avec un peu de bonne volonté et de compréhension de la part de chacun, cette expérience peut être inoubliable !!!

Et vous, avez-vous déjà pris part à un voyage de groupe ? Avez-vous d’autres conseils à donner ?

Très bel été à vous , où que vous partiez !

L'Iguana, gardienne des sacs :)

L’Iguana qui se repose à la rodoviaria- MG/Brésil

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L’Interview du mois: Professora Chiclete

Toute première interview d’une angoleira dans cette rubrique! Ce mois-ci j’ai choisi de vous présenter professora Chiclete du groupe Angoleiros do Mar. Je l’ai rencontré au Natal Capoeirando du groupe Arte Negra à Bordeaux en décembre dernier et j’ai halluciné quand je l’ai vu jouer. Une ptite minette élancée qui ne paye pas de mine se transforme dans la roda en une angoleira pleine de malice, de style et de technique . J’ai vraiment adoré la voir jouer et l’observer en dehors de la roda. Je trouve qu’il est difficile d’être une prof de capo quelque soit le style mais particulièrement en capoeira angola ou le poids des traditions et des vieilles habitudes ont la vie dures et c’est pourquoi je voulais avoir le point de vue de Chiclete sur ces différents aspects. Je vous laisse découvrir  son parcours et sa vision de la capoeira.

Professora Chiclete

Professora Chiclete

Peux tu te présenter : Nom de guerre, grade, groupe, ville?

Je m’appeler Julie Flipo ou « Chiclete » (traduction chewing gum) en Capoeira.

Je suis « professeur » du groupe Angoleiros Do Mar à Lille dans le Nord de la France.

Le groupe Angoleiros Do Mar a été fondé en 1998 sur l’ile d’Itaparica dans l’Etat de Bahia par Mestre Marcelo Angola.

Quand et comment as tu connu la capoeira ?

J’ai découvert la Capoeira en 2001 à México dans l’Université ou j’étudiais. C’est là que j’ai rencontré Mestre Marcelo Angola.

Quelle a été ton évolution dans la capoeira et quel est ton rôle au sein de ton groupe?

J’ai pratiqué 2 ans avec Mestre Marcelo Angola à México puis 1 an à l’école de l’ile d’Itaparica , puis j’ai fondé en France, en 2004, avec l’aide de Contra-Mestre Bizarro, l’école de Capoeira Angola de Lille.

En 2009, j’ai repris les rennes de l’Ecole seule, je suis d’abord passé « Trenel », puis « Professeur ».

Mais dans notre groupe, les « grades » n’ont pas tellement d’importance. Ce qui importe c’est ta « vivencia », ton vécu et ton implication dans l’histoire du groupe.

 Quels étaient tes objectifs initiaux quand tu as commencé ?

Au début, je pratiquais pour moi !

J’aimais profiter des énergies de la Capoeira, des amis, des rencontres…

Puis, rentrée en France, je n’avais pas le choix : pas de Capoeira Angola dans ma ville…

J’ai du faire en sorte que la Capoeira Angola puisse me suivre jusqu’à Lille !

Comment est venu ton nom de capoeriste ?

J’ai été gymnaste dans mon enfance, à un niveau national pendant quelques années.

Quand Mestre Marcelo m’a rencontré, à 18 ans, j’étais encore très souple !!

D’ou le nom « chewing gum » :=)

Y’avait il beaucoup de femmes capoeiristes dans ton groupe quand tu as commencé ?

A l’époque, les cours mélangeaient autant de femmes que d’hommes

A cette époque, quelles étaient tes inspirations femme dans la capoeira ?

J’avais une professeur réfèrente sur l’ile d’itaparica : Brisa

A ce jour, elle a malheureusement arrêté….

Sinon : aucune !Et encore très peu à ce jour :=(

Quel moment t’a le plus marqué jusque là  dans ton parcours de capoeira ?

Je pense qu’il n’y a pas de moment précis…

L’apprentissage de la capoeira et un long chemin ! et c’est toute sa durée et sa difficulté qui en fait sa puissance.

As-tu déjà participé à des rencontres féminines de capoeira? Jusqu’à aujourd’hui, non

Je n’étais pas « pour »….

Capoeira e pra homem, menino e mulher

Il n’est selon moi pas nécessaire de distinguer les genres, c’est une réponse du même ordre que le machisme

Je refuse de répondre à la ségrégation par la ségrégation

Je pense que toute femme a sa place dans une rencontre, elle doit simplement se battre 2 fois plus qu’un homme pour obtenir son espace !!

Là Cependant, dans 2 semaines, je vais participer à mon 1er évènement de femmes.

Je vais aller ressentir l’énergie, mieux vaut tester les choses avant d’en parler…

Je t’en reparlerai après…. :=)

Penses tu que l’image de la femme capoeriste a evolué depuis que tu as commencé?

L’image de la femme capoeiriste n’a pas « évolué » depuis 2000, elle s’est simplement « créée » !!

Car, sauf erreur de ma part, les femmes n’ont même pas 30 ans dans la Capoeira !!

Nous sommes la 1ère génération de femme à avoir réellement accès à la Capoeira et à ce qu’elle peut apporter…

Nous avons beaucoup de responsabilité sur les épaules, et peu ou presque pas de « référence »

Est-ce difficile de faire sa place comme professeur de capoeira angola quand on est une femme?

Il est difficile de faire sa place dans n’importe quel milieu professionnel lorsque l’on est une femme en général.

Il est clair que la Capoeira étant une culture essentiellement masculine depuis des décénnies, c’est encore plus difficile

Sans oublier que la Capoeira vient du Brésil, le seul pays au monde qui a une police spéciale pour les femmes «délégacia da mulher » et une loi spéciale pour les violences conjuguales (lei Maria da Pena), donc oui un pays quelque peu « machiste »

Donc, comme je l’ai dit précédemment, pour moi, une femme a accès à tout, mais elle doit fournir 2 fois plus d’efforts pour le prouver !

Quelles difficultés as tu dû surmonter (essayes tu toujours de surmonter) dans ton parcours?

Il est difficile d’obtenir une certaine valorisation de ta « force »

Certes, les femmes n’ont pas la même « force » physique que les hommes et nous ne l’aurons jamais, mais la femme possède d’autres « forces » bien plus subtiles qu’elle doit pouvoir mettre en avant.

Le fait de ne pas te laisser l’accès au chant dans certaines écoles, de ne pas te laisser jouer plus de 30 secondes…

Ou les mouvements machistes durant le jeu de Capoeira : l’homme qui balance son bassin sur ton visage dans une position ou tu es rabaissée physiquement, ou bien l’homme qui profite de son poids pour rester assis sur toi dans une position de faiblesse physique pendant le jeu… bref, quelques difficultés oui.

En plus d’être une femme, je suis française (non-brésilienne) et également « blonde » ! La discrimination est parfois tellement facile :=)

As tu déjà pris part à des projets sociaux-educatifs/culturels dans ton groupe ou ailleurs avec comme base la capoeira?

Le travail depuis 2004 à Lille est entièrement mélé à un projet socio-éducatif sur l’ile d’Itaparica.

Les différents professeurs du groupe que nous appelons pour travailler en Europe viennent tous de conditions de vie difficile et la Capoeira leur permet aujourd’hui de faire vivre décemment leurs familles restées au Brésil.

De plus, tous les ans, les enfants de l’ile qui pratiquent la Capoeira, ont la possibilité de rencontrer des Capoeiristes du monde entier en Janvier et Février qui viennent s’entrainer dans l’Ecole de l’ile avec Mestre Marcelo. Certains élèves comme India du Chili donne des cours de diverses matières pendant ces 2 mois, d’autres enseignent la percussion, l’artisanat et tous les ans, tous les étrangers participent à  des dons de vêtements, chaussures et autres.

Le groupe Angoleiros Do Mar est très lié à travers le Monde et surtout avec sa base sur l’ile d’Itaparica.

Tu vas régulièrement au Brésil, parles nous un peu de cet attachement que tu as avec ce pays et ce peuple.

Je vais au Brésil tous les ans depuis 14 ans, au moins 1 mois oui

Il est nécessaire de recharger les batteries dans la maison mère.

Et surtout de continuer le lien avec l’Ecole de l’ile et des Rodas des anciens maîtres à Salvador

L’arbre, s’il veut continuer à fleurir, ne peut couper ses racines :=)

Te vois-tu y faire ta vie plus tard?

J’y ai déjà vécu 1 an…

Pour l’instant, je ne souhaite pas y vivre toute l’année.

La réalité là-bas est autre, les conditions de vie assez difficiles

Pour le moment, j’aime bien cette dualité France l’été et Bahia l’hiver :=)

Développes-tu des échanges intercontinentaux entre tes élèves de Lilles et de l’Ile? 🙂

Oui, la plupart de mes élèves ont compris que s’ils voulaient être de « vrais » capoeiristes, il fallait aller découvrir son essence, donc aller au Brésil, et encore plus, sur l’ile

Tous les ans, entre 4 et 5 d’entre eux me suivent là-bas

Inversement, nous invitons tous les ans un professeur de l’ile à venir en Europe pour échanger.

Selon toi, quelles sont les qualités qu’une femme doit avoir pour être une bonne capoeiriste ?

Hargneuse, déterminée, courageuse, et surtout comme pour tout autre activité HUMBLE…. Le chemin est très long !!!

Penses-tu qu’une femme doit jouer différemment d’un homme ?

Ce n’est pas qu’elle « doive » jouer différemment  c’est qu’elle « ne peut pas » jouer comme un homme !! Et tant mieux car ce n’est surtout pas le but !

Le jeu de Capoeira c’est 80% de psychologique et on sait tous que la femme possède en elle une force mentale assez puissante.

Elle doit être très courageuse pour affronter des personnes faisant parfois le double de son poids, mais elle peut aussi en tirer partie rapidement !

La femme possède des qualités impressionnantes de rapidité, flexibilité et surtout d’intelligence qui lui permet d’avoir une palette de jeu très ample !!

Quelle est ta philosophie de vie ?

Nao se consegue nada sem sofrer….

Plus c’est dur, plus ce sera bon à la fin :=)

Comment vois-tu la capoeira dans 20 ans et ou te vois-tu aussi?

Ma philosophie : deixa vida me levar…

Aucune idée, seul Dieu sait… et je lui laisse les rennes…

Combien d’heures par semaine consacres-tu à la capoeira ?

A la Capoeira ? 12h par jour 7 jour/semaine

A la pratique de la Capoeira ? au moins 10h et si Festival le week-end alors 10h de plus :=)

C’est important pour toi  de rester féminine dans la roda ?

La féminité c’est une manière d’agir, de penser et d’être. C’est la « mandinga » des femmes.

La féminité est donc un atout à conserver dans toutes les situations de vies

A ne pas confondre avec les « démonstrations de féminité » (maquillage, bijoux, décolleté et autres dessous inappropriés…)

Je déconseille ces atours pendant la Roda, car déjà ils peuvent être dangereux (dans le cas de la boucle d’oreille ou de la bague qui arrache le membre), mais aussi parce qu’ils peuvent déplacer l’attention des « specateurs » au mauvais endroit et donc ne permettra pas la vraie mise en valeur de la Capoeira de l’intéressée

Finalement, j’ai un rapport assez « spirituel » avec la Capoeira, et j’aime lui monter un certain « respect » pendant la roda et je pense que la sobriété en fait partie….

Quelle est ta chanson de capoeira préférée?

Deixa que eu levo meu barco pro mar

Le mostro o que deve fazer

Assim quando eu nao aguentar

Voce ja sabe o que fazer

Traduction :

Laisse-moi emmener mon bâteau en mer

Je te montre comment il faut faire

Comme ça quand je n’aurai plus de force

Tu sauras comment faire

J’aime cette chanson car elle parle de moments de faiblesse dans ton parcours de Capoeiriste, et de création de lien de confiance avec certaines personnes, qui, au moment ou tu en auras besoin, seront là pour t’aider, te soutenir

Quel message donnerais-tu aux capoeiristes feminines?

Ne nous battons pas de manière ostentatoire pour obtenir du respect ou de la place

Prenons notre place subtilement et lentement à coup de travail dur et de sueur

Le respect s’obtient en prouvant votre détermination silencieuse et continue…

Tem mulher na roda !

Où peut-on te retrouver ?

Si quiser me ver, vai no « Fofocabook » (FB): « chiclete angoleiros do mar lille »

Ou sur www.capoeira-lille.com

 Et si vous souhaitez en savoir encore plus sur Professora Chiclete, vous trouverez ICI une autre interview (et oui elle est très demandée cette demoiselle!) ou elle se raconte un peu plus.

Bonne lecture les guerrières!

Maça

Pour cette nouvelle interview, j’ai choisis de vous présenter la monitora Maça, une capoeiriste que j’ai connu grâce à Mestre Hulk à qui je rendais visite dans son académie de Rio il y a quelques années  et qui m’a parlé d’une capoeiriste française qui l’avait impressionné. Ce champion de vale-tudo et mestre de capoeira impressionné par une capoeiriste frenchy? Et oui! et il y a de quoi! Je vous laisse la découvrir dans cette interview.

maça

 

Peux-tu te présenter : Nom de guerre, grade, groupe, ville ?

Mon prénom est Amandine, mon nom de guerre (lol) est Maçã Verde. Je suis corde bleue du groupe Ginga Mundo, dont le mestre est Sabià. L’école dans laquelle je m’entraine se trouve sur l’aire toulonnaise et ses villes aux alentours. Le professeur de notre association : Joga Capoeira, se surnomme Espiga .

Quand et comment as tu connu la capoeira ?

J’ai fait ma première rencontre avec la capoeira à travers un film ancien maintenant mais la référence en France des capoeiristes de plus de 10 ans de capoeira (lol) : ONLY THE STRONG (ou la loi du plus fort en version française). Je l’ai regardé plus de 10 fois en une semaine, et à partir de ce jour là j’ai voulu essayer cet art martial qui me passionnait déjà. J’ai alors cherché un club quelques mois plus tard dans ma ville (Toulon);  j’ai commencé au mois de Novembre 2002 je m’en souviendrai toute ma vie: Je me souviens avoir galéré à faire la ginga et à faire mon premier coup de pied… le moment qui restera gravé à jamais dans ma mémoire, est le moment de la roda à la fin du cours, j’ai ressenti une émotion tellement forte à en frissonner, ce truc qui fait : »ouaou ça c’est un truc pour moi… »

Quel est ton rôle au sein de ton groupe ?

J’ai le statut de « monitora » dans mon groupe, ce qui te charge de certaines responsabilités :

Seconder mon professeur lorsqu’il est absent par exemple, orienter les élèves durant les cours, les stages… Je pense que pour n’importe quelle personne ayant un minimum de capoeira, elle se doit de montrer l’exemple autant dans la vie que lorsque l’on passe la porte de la salle d’entrainement, mais encore plus lorsque la corde commence à monter en couleur. Je suis référente pour les élèves, toujours dans un rôle de second du professeur lorsque celui ci est absent.

Quels étaient tes objectifs initiaux quand tu as commencé ?

ouaou… Je voulais être la meilleure, traverser le monde pour faire de la capoeira, et jouer avec un maximum de capoeiristes.

Comment est venu ton nom de capoeriste ?

C’était juste après une démonstration en plein air, je parlais à mon professeur de l’époque, apparemment le vert de mes yeux l’a interpellé, il m’a alors appelé petite pomme verte, « maçã verde » est resté; maçã pour les intimes lol!

 

Y’avait il beaucoup de femmes capoeiristes dans ton groupe quand tu as commencé ?

Oui les femmes étaient plus nombreuses que les hommes l’année ou j’ai commencé.

 A cette époque, quels étaient tes aspirations dans la capoeira ?

Je voulais jouer à la perfection et que l’on me considère comme une capoeiriste à part entière et non pas une femme qui fait de la capoeira…

Quel moment t’a le plus marqué jusque là dans ton parcours de capoeira ?

Il y a eu énormément de moments marquants durant ces quelques années de capoeira mais un m’a marqué à vie : il y a 2 ans de ça, lors de l’événement annuel de notre groupe Ginga Mundo organisé au Forte da Capoeira à Salvador. Cet événement est : « Rede Capoeira » où chaque année un rassemblement impressionnant de capoeiristes a lieu et un nombre important de mestres reconnus dans le monde de la capoeira sont alors réunis… J’ai eu la chance et le grand honneur de rencontrer Mestre Joao Grande… une légende vivante là juste devant moi, j’ai suivi un cours d’Angola, je lui ai serré la main, je ne peux même pas décrire cette émotion qui était entre la petite fille qui avait tant entendu parler de ce grand Monsieur, et la capoeiriste de quelques années d’expérience qui se sentait tellement petite. Ce jour a été merveilleux j’ai rencontré d’autres Mestres très célèbres de par leur expérience et pour tout ce qu’ils ont apporté à notre art. Respect…

Penses-tu que l’image de la femme capoeriste a evolué depuis que tu as commencé ?

Pour être franche je n’ai jamais senti de grande différence ou de sexisme dans la capoeira depuis que j’ai commencé. Bien sûr un homme et une femme auront des jeux différents suivant leur capacités physiques c’est clair. Mais je trouve les hommes particulièrement appliqués et très ouverts : j’ai toujours entendu qu’une femme avait sa place dans une roda de capoeira. Il y a toujours quelques « machos » qui renvoient une image un peu négative quant au rapport capoeira homme/femme mais ils sont rares.

As tu déjà pris part à des projets sociaux-éducatifs/culturels (professionnel ou bénévole) dans ton groupe ou ailleurs avec comme base la capoeira et sa culture ?

Oui bien sûr, lors de semaines pour les enfants/ados organisées par le Conseil Général ou dans les écoles. A chaque fois les enfants/ados étaient enchantés. La capoeira est vraiment un art complet qui permet de faire passer cette culture afro-brésilienne à travers les instruments, les chants, les mouvements, l’interaction dans les jeux de capoeira.

Parles moi un peu de ton autre passion le Jiu-Jitsu Brésilien et comment tu arrives à concilier les 2 ?

Le JJB est un autre art martial et sport de combat mais totalement complémentaire à la capoeira. C’est un sport qui se pratique au sol en kimono c’est du corps à corps, le but est de soumettre son adversaire par un étranglement, clé de bras etc… J’ai arrêté la capoeira pendant 2 ans pour raisons personnelles, je me suis alors essayé à la boxe pendant 1 an, au Jeet kune do, et j’ai rencontré le JJB qui a été une révélation. C’est un sport totalement différent mais complémentaire sur certaines postures en capoeira, car la capoeira à la base a été faite pour apprendre aux esclaves à se défendre. Certains jeux sont assez virulents voir violents, il faut apprendre à gérer et s’entrainer pour ces jeux là aussi, la capoeira n’est pas seulement de la danse, ou des coups de pieds ou des esquives et acrobaties, c’est un vrai sport de combat. Le JJB m’apporte énormément à ce niveau là. Souvent des deux cotés les gens me demandent : « mais tu préfères quoi en fait? la capoeira ou le JJB? » Je leur répond simplement :  » c’est comme me demander si je préfère ma mère ou mon père.. »

T’es tu déjà servi de tes connaissances en JJB dans une roda ?

Oui car en JJB nous travaillons nos postures pour être le plus ancré possible dans le sol, un jiujtsuka se remarque très vite lorsqu’il y a du corps à corps. Bien sûr des capoeiristes ne pratiquant pas de JJB s’entrainent au corps à corps également c’est une partie intégrante du jeu du capoeiriste. Mais moi j’ai le jiu jitsu brésilien pour m’entrainer.

 

Que penses tu de ce nouveaux style « capo-jitsu » qui a surgit depuis quelques années ?

… hé bien il faut être ouvert (lol). Je ne connais pas très bien cette discipline, mais je suis un peu une puriste donc il ne faudrait pas tomber dans l’extrême et oublier l’essence de la capoeira ou l’on peut voir un beau jeu développé avec des « questions-réponses » et pas seulement la recherche de cette confrontation qu’aurait peut-être un peu trop le style capo-jitsu…

J’ai du mal à percevoir un art qui se joue debout et dont le but est, dans son essence, de donner un coup et d’esquiver, à un autre art opposé ou le travail est du corps à corps et se pratique 90% du temps au sol sur un tatami… Mais bon à voir…

Selon toi quelles sont les qualités qu’une femme doit avoir pour être une bonne capoeiriste ?

Les qualités d’une femme? J’aurai plutôt dit d’un capoeiriste (homme /femme confondus). Mais si on doit rester dans le coté féminin je dirais que la femme doit être courageuse, savoir s’imposer dans la roda par sa technicité, sa vitesse, et sa malice, plutôt que d’essayer de ressembler ou de jouer comme un homme où la puissance et la force sont des capacités physiques qu’ils ont naturellement que les femmes n’ont pas forcément à la base (mais qui peut s’acquérir).

Penses-tu qu’une femme doit jouer différemment d’un homme ?

haha j’ai à moitié répondu plus haut, je ne pense pas qu’elle DOIVE jouer différemment qu’un homme. Mais que nous avons des capacités différentes, et que chacun doit les exploiter à son avantage. D’après moi, il ne faut absolument pas tomber dans le cliché : les femmes contre les hommes. Il faut savoir vivre et jouer en harmonie, chacun à sa place dans notre art, il faut juste comprendre et savoir où elle se trouve.

 

Quelle est ta philosophie de vie ?

On a tous à apprendre de chacun, personne n’est mieux que personne on est juste tous différents. J’essaie de faire le bien autour de moi en essayant d’être juste, selon mes principes et valeurs qui me sont propres. L’humilité, le respect sont les maitres mots pour moi…

 

Comment vois tu la capoeira dans 20 ans et ou te vois-tu aussi?

Je vois la capoeira dans 20 ans incluses dans le programme sportif scolaire public au Brésil et en Europe. Une possible fédération qui rassemblerait tous les groupes de capoeira une seule et même famille avec toutes ses différences. Je me vois toujours dans le sport et peu être enseignant aussi cet art magnifique…

Combien d’heures par semaine consacres-tu à la capoeira ?

Ces derniers mois ont été assez chargés en travail, mais j’essaie minimum de m’entrainer 4h par semaine (c’est très peu mais c’est déjà ça)

Quelle est ta chanson de capoeira préférée ?

J’en ai beaucoup je n’en ai pas une préférée, mais j’aime beaucoup les chansons types angola et banguela assez lentes et profondes en paroles…

Quel message donnerez-tu aux capoeiristes féminines?

Je leur dirai que malgré les difficultés rencontrées, même si quelquefois il est difficile de trouver sa place, il faut s’entrainer, chanter, jouer des instruments, voyager, et laisser le respect s’installer tout seul sans vouloir le provoquer. Rester humble, s’entrainer dur (je l’ai déjà dit ca ? lol) tendre l’oreille, prendre chaque jour comme une chance de pouvoir progresser. Se faire plaisir, jouer avec son cœur et partager le plus possible.